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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 12:48

 

J'ai intitulé cet article « Les initiatives en Touraine » mais j'aurais pu préciser en Touraine du Sud. Un territoire qui s'étend de Descartes à Châtillon-sur-Indre en passant par Ligueil, Loches, Montrésor, Nouans-les-Fontaines, Reignac-sur-Indre,... Des villages dont les noms sentent bon le terroir mais qui savent aussi être attractifs pour entreprendre.

 

L'organisme économique de la Communauté de Communes Loches-Sud-Touraine a eu la bonne idée de faire réaliser des vidéos montrant de manière décalée cette attractivité. En voici un exemple :

Ils ont raison ! Ton boulot est dans le Sud ! Et si tu n'es toujours pas convaincu, plus d'infos sur le site de Sud Touraine Active.

 

C'est donc ici, dans le Sud que depuis à peu près deux ans je participe à un comité d'attribution de prêts d'honneur sous l'égide de l'association Initiative France, un vaste réseau d'accompagnement et de financement de projets ou de développement d'entreprise. Avec d'autres chefs d'entreprises, la Chambre des Métiers, la CCI, les banques, les assurances, les experts comptables, la communauté de communes nous décidons de l'attribution de fonds pour financer des projets. Un juste retour des choses car j'ai moi-même bénéficié d'un tel prêt à 0% lorsque j'ai démarré mon entreprise en 2007 (à l'époque ça s'appelait l'IDIL).

 

Sur le territoire de la Sud Touraine on se réunit 3 à 4 fois par an pour examiner à chaque fois 8 projets d'installation ou de développement d'entreprises commerciales ou artisanales. Des projets qui vont de la petite entreprise individuelle à des sociétés prévoyant l'embauche de plus de 30 salariés. C'est passionnant car on y côtoie hors contexte professionnel des personnes très aguerries en terme de financement et que l'on découvre des entrepreneurs de tous horizons avec souvent de très belles idées.

Les initiatives en Touraine

Les projets ainsi financés par Initiative Touraine dans le Lochois vont de la reprise d'un restaurant à la création d'une épicerie bio ambulante, en passant par une activité nouvelle de chaudronnerie, la modernisation d'un salon de coiffure, la transformation d'un garage,... On n'imagine pas à quel point notre territoire regorge de possibilités de développement économique. Avec en face, des entrepreneurs volontaires qui défendent leurs projets auprès des banques, de la Chambre des Métiers ou de celle du Commerce.

 

D'année en année le nombre augmente et l'on observe que de plus en plus de citadins (parisiens surtout) décident de se lancer à la campagne, pour retrouver le confort d'une vie plus sereine tout en vivant d'un métier qui leur plaît. Les débuts ne sont pas faciles, bien évidemment, d'où la nécessité de financements comme celui-ci, le soutien des banques et l'accompagnement de professionnels. Sur l'ensemble du réseau Initiative France ce sont plus de 17 000 projets qui ont été financés en 2018. Plus de 90% des entreprises soutenues par la plateforme Initiative Touraine Val de Loire sont toujours en activité, trois ans après leur création.

 

Quel bonheur de voir ces personnes venir revitaliser nos territoires qui s'étioleraient peu à peu face aux métropoles si on ne faisait rien. Qu'ils soient les bienvenus !

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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 17:28

 

Grâce à l'initiative d'Anne-Sophie Serrano, professeur d'économie-gestion au Lycée Thérèse Planiol de Loches (ex-Emile Delataille), je me suis retrouvé il y a quelques jours dans une classe de seconde. Pas au milieu des élèves, même si j'aurais bien aimé qu'une machine me transporte quelques années en arrière sur les bancs du lycée Dessaignes de Blois au même âge qu'eux... Non, j'y étais pour leur expliquer mon parcours de chef d'entreprise dans le cadre de leur projet scolaire en option économie-gestion.

 

Après leur avoir raconté comment j'étais passé progressivement d'un métier d'ingénieur à la fonction de gérant de Mecadyn, je leur ai expliqué quelles étaient les démarches pour créer sa propre boîte. En détaillant les différents statuts bien sûr, les organismes tels que la CCI ou la CMA, le passage obligé chez le banquier, mais surtout en insistant sur les étapes à ne pas négliger :

 

- bien choisir son projet, son idée, en fonction de ce qu'on connaît le mieux et qu'on aime le plus,

- étudier la concurrence, son implantation, ses tarifs, sa façon de travailler, son chiffre d'affaires,

- définir sa clientèle (je devrais écrire sa CLIENTÈLE, c'est le point central, car sans client même la meilleure idée ne rapporte rien),

- se lancer en communiquant tous azimuts !!

- se faire connaître, développer.

Les 13 élèves que j'avais en face de moi travaillent depuis la rentrée scolaire sur 3 projets de création d'entreprise, qu'ils doivent mener à bien d'ici la fin de l'année en travaillant sur ces différentes étapes, auxquelles il faut ajouter aussi : le recrutement de salariés, les investissements, le chiffre d'affaires, les charges, le bénéfice,... Les élèves de première et de terminale vont un peu plus loin encore dans la démarche et peuvent participer au concours Graine de boîte soutenu par la région Centre-Val de Loire .

 

Un véritable projet à vocation éducative, que je salue vivement ! Comme je l'ai dit à cette classe : Si j'avais suivi un tel enseignement au lycée, je n'aurais pas créé mon entreprise à 45 ans mais à 35 !

Les 3 idées que les jeunes ont lancées pour leurs projets d'entreprises sont les suivants :

- un salon d'esthétique où l'on utilise et vend des produits bio,

- un bar à fruits et jus de fruits,

- un commerce en ligne de produits scolaires personnalisés.

 

J'ai trouvé les élèves très à l'écoute, attentifs et leurs projets particulièrement intéressants pour des jeunes de leur âge. Je ne sais pas ce qu'il retiendront dans le futur de nos échanges, mais je suis certain que plusieurs d'entre eux et d'entre elles seront des futurs créateurs et créatrices d'entreprises ! Longue vie à cette jeune herbe !

L'une des questions qu'ils m'ont posées était celle-ci : « Pourquoi vous êtes-vous lancé ? ». Je leur ai répondu que la raison principale était que je voulais être libre, me détacher des contraintes qu'un salarié peut avoir dans son emploi et donner plus de sens à ce que je faisais.

Il découvriront peut-être eux aussi ce besoin quand ils seront dans la vie active et feront alors tout comme moi l'éloge du carburateur. ;-)

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 12:37

Aujourd'hui 1er juin 2017, Mecadyn fête ses 10 ans.

Dix belles années d'aventure qui se prolongeront encore certainement pendant encore 10 ans. Avec ses joies, ses découvertes et quelques vicissitudes bien sûr. J'ai raconté tout ça au fur et à mesure sur ce blog et je compte bien continuer !

Bon, je ne m'attarde pas, un équilibrage de ventilateur m'attend. Nous en reparlerons. ;-)

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 13:50

J'ai repoussé à plusieurs reprises la rédaction d'un nouvel article de blog sur le RSI, mais une discussion récente avec un ami m'en donne l'occasion. Je me suis déjà exprimé sur les dysfonctionnements de cet organisme, qui s'estompent peu à peu. N'y revenons pas. Non, c'est du niveau de charge dont je souhaiterais parler, et notamment faire une comparaison précise avec celui d'un salarié.

 

Prenons un chef d'entreprise artisanale (ou un commerçant, car aujourd'hui les taux sont strictement les mêmes) qui cotise au RSI en tant que TNS (travailleur non salarié). Il prélève un revenu net mensuel de 2000 €. Faisons le calcul de ses charges :

 

Pour obtenir un revenu net de 2000 € il devra en verser 924,64 € au RSI, soit un peu plus de 46%.

 

Regardons maintenant combien il devrait payer si on lui appliquait les mêmes cotisations qu'à celles d'un salarié. Ou plus précisément calculons ce qu'un chef d'entreprise qui se salarie lui-même paye (ce qui est le cas d'un dirigeant de SASU, de SA ou un gérant minoritaire de SARL). J'avais déjà fait ce calcul dans le cas d'un choix entre SASU et EURL, avec dividendes, mais cette fois-ci je ne m'intéresse qu'à la partie cotisations sociales.

 

Voici les taux applicables sur le revenu qu'on appelle brut, c'est-à-dire sur le revenu net augmenté de la part salariale des cotisations :

 

 

J'ai pris ici un taux d'accident du travail moyen de 4%. Dans mon domaine d'activité (maintenance industrielle) il est de 4,5% et il peut être bien plus élevé, dans le BTP par exemple. Vous remarquerez qu'il n'y a pas ici de cotisations chômage, car un chef d'entreprise n'y a pas accès, qu'il soit salarié ou TNS. J'oublie le versement transport, les diverses petites contributions (contribution au dialogue social, cotisation pénibilité, APEC, apprentissage,...) pour éviter d'alourdir.

 

Pour faire une comparaison exacte avec ce que paye un artisan au RSI il faut maintenant calculer les taux sur le revenu net. On y arrive simplement par la formule

Taux sur le Net = Taux sur le Brut / (1 – 0,1981)

Si, si, je vous assure, faites-moi confiance. Bon, donc cela donne pour notre chef d'entreprise salarié :

 

 

Pour obtenir le même revenu net de 2000 € qu'en TNS ce chef d'entreprise salarié devra donc verser 1439 € à l'URSSAF soit un taux de 72%. Ce taux global peut atteindre 80% si on y additionne les contributions que j'ai négligées et si le revenu dépasse le plafond de la sécurité sociale (3269 € brut). On voit qu'on est quand même largement supérieur aux 46% versé au RSI par un TNS ayant le même revenu net.

 

Attention, s'il y a des différences dans les cotisations il y en a aussi dans les droits et les rentes. Indemnités journalières plus faibles, période de carence plus longue, retraite plus faible, formation professionnelle réduite, un TNS devra compenser par des assurances ou des placements pour compléter sa protection sociale. Mais il pourra le faire librement, indépendamment des contraintes du RSI. C'est ce qui fait toute la différence.

 

Aujourd'hui, quand j'entend l'un des candidats à la Présidence de la République (Emmanuel Macron pour ne pas le nommer) proposer de supprimer le RSI et d'accorder des droits au chômage aux entrepreneurs, je dis STOP ! Derrière cette proposition se cache l'idée qu'on peut se mettre à son compte sans distinction entre la notion de travailleur indépendant et celle de salarié. Par exemple pour conduire les véhicules UBER... Non, l'entrepreneuriat ce n'est pas ça. Et puis qui peut croire que la suppression du RSI et l'augmentation de droits conduiraient à une diminution des cotisations, franchement ?

 

Le RSI a ses défauts, certes, mais quand je discute avec des collègues des professions libérales (qui continuent à se coltiner 3 caisses pour leur régime) je les entend se plaindre encore plus que nous, sur les incohérences et les dysfonctionnements de la CIPAV... Les charges sont élevées, certes aussi. Elles le sont toujours trop, c'est un débat continuel depuis la création de la sécurité sociale en 1945. Peut-être faudrait-il faire en sorte que le travail soit moins ponctionné et que l'on cherche d'autres sources de taxation ? Tiens je vais poser la question sur la page créée par le Parisien-Eco et relayée par la Chambre des Métiers: Opération "Moi Entrepreneur" / Election Présidentielle

 

J'invite tous mes amis artisans, commerçants et professions libérales à faire de même.

Bon week-end à tous !

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 09:36
Stages et formations à la Chambre des Métiers

Je viens de terminer une formation particulièrement enrichissante à la Chambre des Métiers de Tours, me permettant dorénavant de réaliser moi-même le bilan annuel de mon entreprise, à partir de la comptabilité que je tiens sur EBP. Cette nouvelle étape me permet de me passer d'un expert comptable, en conservant bien sûr le visa du Centre de Gestion Agréé. Une qualification que je n'aurais jamais pu obtenir au lancement de Mecadyn, mais qui était à ma portée après 8 années de gestion au quotidien. Je n'en suis pas peu fier ;-)

J'en profite pour saluer ici la compétence des formateurs de la Chambre des Métiers, leur professionnalisme et leur expérience de terrain auprès des artisans. Parmi les stages qu'ils proposent il y en a un qui est obligatoire dès la création d'entreprise, et ceci depuis 1982, c'est le fameux Stage de Préparation à l'Installation. Jusqu'à présent les autoentrepreneurs en étaient exonérées, ce qui n'est plus le cas depuis Juin 2014. Une sage décision qui va un peu calmer les ardeurs de certaines fédérations - comme celle du bâtiment – qui criaient à la concurrence déloyale.

Stages et formations à la Chambre des Métiers

Ce stage n'est d'ailleurs pas une punition. Il faut vraiment le considérer comme un accompagnement permettant de s'y retrouver dans les dédales de l'administration, de la réglementation des métiers artisanaux, de sa tarification, du calcul d'un coût de revient, de l'établissement d'un compte de résultat. Toutes ces notions sont indispensables à maîtriser lorsqu'on fait le grand saut pour devenir son propre patron. Le fait d'être confrontés à des collègues qui ont une démarche similaire, d'échanger pendant 5 jours avec d'autres futurs chefs d'entreprise sur des problématiques communes, offre également une grande richesse d'information, rompt l'isolement et ouvre des perspectives que le porteur de projet tout seul dans son coin n'avait pas forcément envisagées.

Concrètement voici comment ça se passe pour ceux qui sont concernés :

- le stage dure 4 à 5 jours, en continu sur une semaine ou non, suivant les formules choisies,

- le programme permet au stagiaire d'acquérir les connaissances de base dans les domaines juridique, fiscal, social mais aussi de bien maîtriser les techniques de gestion de sa future entreprise,

- la formation est complétée par un accompagnement individualisé,

- il coûte entre 200 et 300 € (c'est variable d'un endroit à un autre) dont une partie est prise en charge si l'entreprise est créée dans les 6 mois,

- on peut en être dispensé si on a déjà été chef d'entreprise ou cadre pendant 3 ans, ou si on a déjà suivi le stage pratique auto-entrepreneur.

Stages et formations à la Chambre des Métiers

Chaque Chambre des Métiers a son propre mode de fonctionnement, ses horaires, ses modalités d'inscription. Vous trouverez sur cette carte interactive toutes les adresses en France métropolitaine et outre mer : Annuaire des CMA

La création d'une entreprise artisanale ne se prépare pas sur un coin de table, surtout si on a des investissements à réaliser et si on ne connaît rien au régime social des indépendants. Ne négligeons pas les premières étapes.

Bon démarrage à tous ! Et pour ceux qui cherchent un prestataire en maintenance, contrôles vibratoires et équilibrages, une seule adresse ---> MECADYN

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 11:16
Projet de loi sur la simplification des régimes de l'entreprise individuelle

Aujourd'hui va être discuté à l'Assemblée Nationale le projet de loi remanié sur l'Artisanat et le Commerce. L'un des volets très important concerne le régime des auto-entrepreneurs dont je soutiens la cause depuis que la ministre Sylvia Pinel souhaite profondément le modifier. Rappel de l'histoire ici en Avril de l'année dernière puis là en Juin.

Grâce à l'action des Poussins et des différentes organisations représentant les auto-entrepreneurs, les principales modifications contenues dans le projet de loi du mois d'Août sont abrogées dans le nouveau texte. Ainsi il n'y aura pas de seuil intermédiaire obligeant les AE à changer de régime ni limitation dans la durée. Seul un accompagnement est prévu, ainsi qu'un encadrement plus strict (stage de préparation à l'installation, obligation d'assurances, affichage des compétences, etc).

Ce revirement très important mérite d'être salué car il va dans le bon sens, en respectant les valeurs de l'entrepreneuriat et en encourageant la création d'entreprise. Il est dû à l'action d'un député clairvoyant, à l'écoute de tous les protagonistes et engagé en faveur des petites entreprises : Laurent Grandguillaume, député de la Côte d'Or et conseiller municipal à Dijon.

Projet de loi sur la simplification des régimes de l'entreprise individuelle

Son action va d'ailleurs bien au delà du seul cas des auto-entrepreneurs puisqu'il propose dans son rapport de rassembler en un seul les différents régimes de l’entrepreneuriat individuel (aujourd'hui dispersés entre micro-entreprise, EI, EIRL et EURL), de simplifier et rationnaliser le recouvrement des cotisations, de modifier le principe de la CFE (proportionnelle au CA). Il souhaite aussi lancer une grande étude de société sur l'entrepreneuriat et son financement et constituer un comité de pilotage pour la mise en œuvre des décisions. Les petits entrepreneurs ne peuvent que saluer ces différentes mesures et intentions.

Mecadyn, associé depuis le début au mouvement des Poussins, soutiens tous les auto-entrepreneurs qui se mobilisent pour que la loi soit aujourd'hui adoptée. Et pour cela nous partageons avec eux ce cri d'alarme et d'espoir : PIOU PIOU !

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 17:32
SAS, SARL, SASU, EURL ou le dilemme de l'entrepreneur.

Il y a un an j'avais rédigé un article comparant différents statuts d'entreprise, ici ---> SA, SAS, SARL, ça farte ?

Ce post est le plus lu de tout le blog. Chaque jour au minimum 30 personnes viennent le lire. J'ai essayé de comprendre pourquoi, et la réponse s'impose en faisant une petite recherche sur Google : il est extrêmement difficile de trouver sur le net des comparatif chiffrés entre une SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) et une EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée, qui est une SARL constituée d'un seul associé). Or ce sont deux statuts qui intéressent beaucoup les créateurs d'entreprises individuelles, surtout la SASU devenue à la mode depuis 3 ou 4 ans, en raison de sa simplicité et de l'absence de cotisations sociales si le responsable ne s'octroie pas de salaire.

Ah ça, des tableaux comparatifs présentant les avantages et inconvénients des SAS et des SARL il y en a à la pelle ! Ce n'est pas ce qui manque. Mais vous en trouverez peu qui donnent le détail de ce que gagne concrètement un gérant de SARL par rapport au président d'une SASU. Si vous posez la question suivante « Ai-je intérêt à transformer mon EURL en SASU ? » la réponse sera invariablement « Oui. Mais ça dépend. Il faudrait faire une analyse détaillée ».

C'est assez logique car les situations sont très diverses et complexes. Un expert comptable ne pourra fournir une réponse appropriée qu'en connaissant bien les objectifs de recettes et de dépenses, mais aussi la situation personnelle et familiale du porteur de projet, ainsi que ses ambitions, ses objectifs, ses souhaits d'optimisation, etc. Mais moi, comme je ne suis pas comptable, je peux me lâcher ;-)

Donc pour tous ceux qui s’intéressent à ce choix crucial du statut d'entreprise avant de démarrer, voici le résultat d'une analyse tout à fait personnelle d'un chef d'entreprise qui s'est lui aussi posé toutes ces questions et qui a connu les mêmes frustrations. Attention, âmes sensibles et revêches aux chiffres, abstenez-vous, c'est assez chiant pénible.

SAS, SARL, SASU, EURL ou le dilemme de l'entrepreneur.

Reprenons l'exemple de la dernière fois : Jean SARL est gérant majoritaire d'une EURL ; Pierre SASU est président d'une SASU. Tous les deux sont célibataires, ont une activité de prestation de service industrielle et commerciale, inscrits à la Chambre des Métiers comme artisans. Tout ce qui va suivre pourrait s'appliquer s'ils étaient commerçants, sans grande différence, mais pas en profession libérale (voir le petit laïus à la fin sur ce sujet).

Les deux ont un résultat brut de 50 000 €, correspondant à la différence entre leurs recettes et leurs dépenses courantes, achats et frais de fonctionnement. Étant seuls dans leur entreprise c'est sur ce résultat qu'ils se rémunèrent intégralement, en utilisant pour cela différentes options. Le tableau ci-dessous compare la situation de Jean SARL qui utilise l'intégralité du résultat brut sous forme de revenu. En tant que travailleur non salarié le RSI lui prélève 38% de son revenu net sous forme de cotisations sociales et 8% de CSG/CRDS sur son revenu brut. Un peu d'arithmétique nous permet de calculer tout ça ainsi que le revenu net après impôt en utilisant les barèmes du fisc. Jean garde dans sa poche à la fin de l'année 28 647 €, soit 2 387 € par mois. Mais comme il est prévoyant il utilise une partie de son revenu (400 € par mois) afin d'épargner pour ses vieux jours à l'aide d'un contrat Madelin. Ce type de contrat est déductible de son revenu imposable ce qui lui donne après impôt un revenu net annuel de 25 287 €, avec un revenu différé non négligeable pour sa retraite.

SAS, SARL, SASU, EURL ou le dilemme de l'entrepreneur.

Pierre SASU utilise également l'intégralité du résultat pour se rémunérer. En tant qu'assimilé salarié cadre il se verse un salaire, dont les cotisations salariales et patronales représentent 54,6% du salaire brut (par rapport à un salarié classique il est seulement dispensé de cotisations chômage, ce qui le prive aussi d'allocations le cas échéant). Là aussi il faut faire un peu de gymnastique arithmétique pour arriver au résultat, mais après avoir mouliné sur Excel on arrive à un revenu net après impôt de 27 179 € soit 1 500 € de moins que Jean, et avec des frais supplémentaires compte tenu des coûts de gestion de la paye. S'il souhaite comme lui mettre de l'argent de côté sous forme de placement ou cotisation à une retraite supplémentaire, il ne pourra pas déduire cette charge de ses impôts et son revenu sera diminué d'autant. À situation égale avec celle de Jean, il lui restera dans sa poche 22 379 € soit 1 865 € par mois.

 

Les avantages que procure à Pierre sa situation d'assimilé salarié sont assez minimes : indemnités journalières versées avec un délai de carence plus faible (mais avec un montant du même ordre de grandeur) et pension de retraites un tout petit peu plus élevées (à vérifier car même s'il cotise à une caisse de cadre son salaire net de référence pour le calcul de sa pension reste quand même inférieur de 10% au revenu net de Jean). Ces avantages ne valent pas à mon avis les 3 000 € de différence annuelle.

 

Le résultat sera encore pire si Pierre SASU décide de ne se rémunérer que sous forme de dividendes. En effet, le bénéfice de l'entreprise sera taxé (Impôt sur les Sociétés) à 15% jusque 38 120 € et à 33,33% au delà. Impôt sur lequel s'ajoutent les cotisations sur dividendes (15,5%, hé oui, il y en a là aussi...) puis l'impôt sur le revenu de ces dividendes. Au final, comme montré sur le tableau ci-dessous il lui restera 27 224 € après un placement de 4 800 € pour ses vieux jours.

 

SAS, SARL, SASU, EURL ou le dilemme de l'entrepreneur.

Placement qui lui sera bien utile car tout le bénéfice de son travail sera parti en impôt et taxe sans aucune validation de trimestre pour sa retraite ni indemnisation en cas d'arrêt de travail... La situation est extrême mais tout à fait réelle, comme j'ai pu le constater récemment sur un forum d'entrepreneurs, où un président de SASU se demandait comment il pouvait rétroactivement valider des trimestres qu'il n'avait pas cotisés...

 

Une situation intermédiaire salaire+dividendes est évidemment préconisée et au final le président de SASU peut arriver à optimiser ses revenus comme le montre le dernier tableau. En ne prélevant que 15 000 € de salaire brut, Pierre SASU améliore son revenu net après imposition et placement, gagnant 26 313 € soit 1 000 € de plus que Jean mais avec là aussi des frais de gestion plus élevées et un revenu basé sur un SMIC pour ses indemnités journalières et sa retraite. Pas de quoi là non plus pavoiser.

SAS, SARL, SASU, EURL ou le dilemme de l'entrepreneur.

Vous l'avez compris je ne pense pas que la SASU soit la solution optimale pour un chef d'entreprise, et ceci quelle que soit la distribution dividendes/rémunération que l'on fait. En tout cas pas pour ces niveaux de rémunération (je ne suis pas allé explorer ce qui se passe pour des bénéfices beaucoup plus élevés). Perdre de l'argent tous les ans pour s'affranchir des difficultés avec le RSI me semble vraiment être une erreur. Les seuls cas où ce statut semble intéressant concernent ceux qui en fin de carrière ne veulent pas changer de régime social ou ceux qui ont déjà des revenus (salaires ou pensions) et peuvent s'affranchir de cotisations. Pour les professions libérales le fossé est encore plus grand avec des cotisations TNS plus faibles que celles de commerçants-artisans alors que celles du salarié sont les mêmes.

 

Amis entrepreneurs, avant de créer une SASU, prenez le temps de bien faire vos calculs, et ne vous laissez pas influencer sans bien avoir pesé le pour et le contre, éventuellement en prenant plusieurs avis. Aujourd'hui l'EURL ou l'EIRL restent les solutions les plus adaptées pour un entrepreneur sans associé qui se lance dans une activité principale classique (commerciale, artisanale, libérale) avec l'option possible du régime auto-entrepreneur pour les faibles chiffres d'affaire.

 

Néanmoins, je suis prêt à en discuter ici avec tous ceux qui souhaitent apporter leur contribution à ce débat sur le choix du statut ;-)

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 12:56
Origine France Garantie

Et si au milieu de cette ambiance morose, de ces colères exprimées sur tous les fronts, de cette tristesse générale, on parlait du Made in France pour apporter un peu de gaieté et de légèreté ?

Un nouveau logo existe depuis 2011, celui présenté à gauche de cet article, et sert à identifier les produits de toute nature (alimentaires, industriels, manufacturés,...) fabriqués en France. Un véritable label créé pour éviter les confusions de « Made in France » ou « Fabriqué en France » qui ne voulaient rien dire pour le consommateur. Les critères sont les suivants, et s'appliquent pour n'importe quel type de produit :

1- le produit prend ses caractéristiques essentielles en France

2- plus de la moitié du prix de revient unitaire de ce produit est acquis en France.

La Toyota Yaris, par exemple, fabriquée à Onnaing dans le Nord est un produit « Origine France Garantie » même si la marque est japonaise. Le grille-pain Moulinex ne l'est plus depuis longtemps mais la machine à expresso l'est toujours. Pour connaître les produits qui disposent de ce label il suffit de se rendre sur ce site :

http://www.mesachatsfrancais.fr/

Bon, je ne vais pas revenir sur ce que j'avais écrit ici même à l'époque où certains hommes politiques surfaient sur cette tendance. Au niveau de l'industrie la France a peu à peu abandonné ses compétences pour les déléguer à d'autres pays et se centrer sur le luxe, le tourisme et la haute technologie. On ne rattrape pas 40 ans de retard en se contentant d'apposer un logo sur un produit. Il faudra du temps, beaucoup de temps, mais il y a déjà des signes qui permettent de penser qu'on peut inverser la tendance et commencer à réindustrialiser notre pays :

1) Le consommateur y est prêt. Il faut simplement qu'il puisse s'y retrouver financièrement.

2) De plus en plus de petits industriels y croient. Il faut seulement les soutenir.

3) Les français arrêtent peu à peu de dénigrer leurs produits.

Ce dernier point est essentiel, ne serait-ce que pour vendre plus efficacement la marque France à l'étranger. En effet notre pays est le champion du monde de l'auto-dénigrement. Vous vous rappelez sans doute de ce sketch des Inconnus montrant un présentateur japonais parlant des produits français :

Une caricature parfaite et absolument irrésistible de ce que nous étions dans les années 80. Même le Minitel ou la fusée Ariane à l'époque étaient considérés comme nuls. Alors que dire de nos véhicules Renault...

Pour certaines fabrications il sera difficile de revenir en arrière mais pour d'autres, comme ces produits électroniques par exemple, c'est tout à fait possible : L'Usine des PME-ETI / 12 novembre 2013.

Alors allons-y, arrêtons les discours et soutenons les !

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:39

L'avantage de la prestation de service industrielle c'est qu'elle vous fait découvrir tout le patrimoine de nos campagnes françaises. En l'espace de quelques jours j'ai eu l'occasion d'associer les nécessités du boulot aux plaisirs du tourisme et de la gastronomie. Les explications en image.

La belle France industrielle.

Un équilibrage de ventilateur dans une champignonnière.

La France est le 4ème producteur mondial de champignons de... Paris. Devant elle se trouvent la Chine, largement en tête, puis les États-Unis et les Pays Bas. La dénomination champignon de Paris n'est pas une appellation contrôlée mais désigne simplement ce champignon blanc ou brun que l'on cultive sur du compost à l'abri de la lumière. Les premières caves étaient bien parisiennes du temps de Napoléon mais rapidement elles se sont implantées autour de Saumur, qui reste la région française de loin la plus productrice. Les caves sont de plus en plus remplacées par des salles réfrigérées, qui restituent les conditions ambiantes pour cultiver les champignons tout en essayant de lui conserver sa saveur. C'est dans l'une de ces usines modernes, à Saint-Paterne-Racan que je suis récemment intervenu pour équilibrer un ventilateur. À la suite de cette intervention je suis reparti avec deux bons kilos de champignons offerts par le patron. Merci à lui !

La belle France industrielle.

Contrôles vibratoires en bord de mer.

Après avoir dégusté les champignons, direction la mer, plus précisément l'île d'Oléron, qui vient de s'équiper de nouveaux transformateurs pour l'alimentation électrique du sud de l'île. D'énormes disjoncteurs sont installés sur ce poste et envoient des vibrations dans le bâtiment où ils se trouvent lorsqu'ils sont actionnés. Rien d'anormal là dedans, mais un contrôle s'imposait au moment de cette mise en service. C'est ce que Mecadyn a été amené à faire en ce mois de Septembre, pas loin d'une plage que les touristes avaient commencé à déserter mais où il faisait encore bon se baigner. Qui se plaindrait de telles conditions de travail ? Pas moi en tout cas. ;-)

La belle France industrielle.

Une broche de machine outil à équilibrer près de Reims.

Une fois sorti de l'eau salée c'est un autre liquide qui m'appelait, celui-ci mis en bouteille, le Champagne ! À Montmirail précisément, dans une usine qui fabrique des composants électroniques de toute sorte il s'agissait cette fois d'équilibrer une broche d'usinage tournant à 15 000 tr/min. Après l'intervention quel plaisir que de se balader dans la Marne et d'y découvrir ce qui est sans doute le symbole le plus connu de la France, après la tour Eiffel. Il faut dire que, à la différence du champignon de Paris, le Champagne est protégé par une appellation d'origine contrôlée, un label officiel farouchement défendu par ses promoteurs. Il se vend aujourd'hui environ 330 000 bouteilles de Champagne tous les ans, ce qui fait vivre 15 000 vignerons et plus de 20 000 employés. Sans parler bien sûr de l'industrie, du commerce, de la logistique et de la sous-traitance qui gravitent autour.

Vive la France et ses multiples richesses !

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 13:17

Mecadyn vient de fêter ses 6 ans d'existence et continue à se développer sereinement malgré la criiiiiiise.

Message d'un p'tit poulet qui défend des poussins.

Le poulet devenu grand n'en oublie pas pour autant les poussins ses amis ! Il y a 2 mois je vous faisais part des misères que le ministère de l'artisanat et du commerce s'apprétaient à leur faire subir. Rien n'a vraiment progressé depuis. Sylvia Pinel reste sur ses positions : limitation dans la durée envisagée pour certaines catégories d'auto-entrepreneurs, et plafond abaissé pour les activités complémentaires. Ce sont probablement les propositions qu'elle soumettra au Premier Ministre d'ici quelques jours, à partir duquel un projet de loi sera soumis au Parlement puis voté en Septembre. De l'autre côté les représentants officiels des auto-entrepreneurs, la FedAE et l'UAE, s'opposent bien sûr à un tel projet, mais peinent à fédérer leurs troupes. Du coup, situation classique lorsque les syndicats ne sont pas assez mobilisateurs, des mouvements spontanés se créent à partir de la base. Parmi eux le plus connu est celui de défense des poussins, qui a réussi à obtenir près de 100 000 signatures sur sa pétition. Un bel exploit, dû en grande partie à la perspicacité de son initiateur principal (Adrien) et de son ami informaticien (Fred). Tous deux se sont mis dans la peau d'un volatile (en référence aux pigeons de l'automne dernier qui défendaient les start-ups) et ont inventé ce personnage à l'air grave affichant sa colère avec un slogan qui résume tout : piou-piou !

Message d'un p'tit poulet qui défend des poussins.

Tout est dit dans ce cri du poussin : le désarroi de cette dame qui vend des objets qu'elle fabrique, permettant ainsi de compléter les revenus de sa petite famille, tout comme la colère de monsieur qui fait revivre une activité de sellier sans faire de tort à personne ! Les témoignages des auto-entrepreneurs relayés sur le site de la pétition, sur twitter ou sur la page Facebook des poussins, ainsi que l'attachement que les français ont fini par avoir vis-à-vis de ce statut simple et pratique, me conduisent maintenant à être un peu plus ferme que je ne l'étais dans mon article précédent :

 

QU'ON LEUR FICHE LA PAIX !

 

Et ce n'est pas moi qui le dit, mais Bernard Maris, économiste reconnu et chroniqueur sur France Inter. Dans l'émission de Vendredi dernier (que vous pouvez ré-écouter ici) il répond à l'animateur qui lui demande s'il faut vraiment réformer le régime des auto-entrepreneurs par ces mots : « Je crois qu'il faut qu'on leur foute la paix, qu'on les laisse tranquilles... ». Venant de quelqu'un reconnu pour être économiste de gauche, voire même très à gauche, et en tout cas ne défendant pas les vertus du libéralisme, ces propos ont de quoi surprendre. Non, c'est simplement que Bernard Maris fait partie de ces personnes qui ont parfaitement compris ce qu'était aujourd'hui cette institution des auto-entrepreneurs : un régime simplifié permettant d'avoir des revenus complémentaires ou de tester une activité d'indépendant, dont l'ampleur est grande mais certainement pas au point de mettre en péril l'économie (0,23% du PIB...) ni de détruire des emplois. La seule chose sur laquelle il faut faire attention, comme le souligne d'ailleurs le rapport de l'IGAS-IGF, c'est sur le salariat déguisé. Des mesures permettant de renforcer les contrôles pourraient être prises, mais rien ne justifie que soit réformé le statut.

 

 

Message d'un p'tit poulet qui défend des poussins.

Alors, si tout le monde est d'accord, à droite comme à gauche, pourquoi en est-on là ? La seule réponse rationnelle que l'on peut apporter à cette question est que le débat est devenu justement irrationnel. Certaines fédérations d'artisans crient à la concurrence déloyale (alors qu'il n'y en a pas). Des personnalités politiques pensent que le régime auto-entrepreneur est une arnaque (alors que le seul effet pervers du système est le salariat déguisé, là aussi résiduel par rapport à l'énorme quantité d'AE tout à fait satisfaits de leur sort). La seule manière d'arriver à sortir par le haut serait de créer un débat serein entre les différents protagonistes. C'est ce qu'a fait par exemple la Chambre des Métiers du Jura, à l'initiative de son secrétaire général, Paul-Henri Bard, qui a réussi la performance de mettre autour d'une table des gens qui se détestaient et qui sont partis bras-dessus bras-dessous à la fin de la réunion, avec une série de propositions concrètes allant à la fois dans le sens de la préservation du régime auto-entrepreneur tout en rassurant les artisans exerçant leur activité sous un autre statut. Si vous voulez en savoir plus tous les détails sont ici : http://www.facebook.com/events/290941611041625/

Je souhaite sincèrement que le comité interministériel qui se réunira sur ce sujet prenne les bonnes décisions et ne s'enferme dans aucun dogmatisme politicien. Les poussins méritent qu'on les encourage, pas qu'on leur coupe les ailes !

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