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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 07:13

122 rsi

 

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article sur le RSI, le fameux organisme bien connu des artisans et commerçants. Mais je repoussais sans cesse cette idée. Trop rébarbatif, trop spécifique, trop pénible, en un mot pour résumer: trop chiant ! Et puis, les circonstances font que le moment est venu de vous en parler. Si je ne le fais pas maintenant je ne le ferai jamais...

 

Il était une fois (Non, faut pas exagérer, c'est pas un conte de fée non plus...)

 

Le RSI est un organisme créé à l'issue de la loi de modernisation de 2002 (encore une loi de modernisation, oui. Quand est-ce qu'un gouvernement aura le culot de proposer une loi désuète ? Un texte qui osera afficher son côté suranné, du genre: "Oyez braves gens ! Dorénavant, les personnes qui souhaiteront gaiement bénéficier de la retraite avant leur mort devront prouver qu'elles sont usées par le travail, à hauteur de 80% d'invalidité". Non, personne n'oserait, quand même...). Bref, revenons à notre Herrécie.

 

Cet organisme résulte en fait du regroupement de trois caisses différentes auxquelles les artisans et commerçants devaient jadis s'adresser :

1. La CANAM, pour l'Assurance Maladie de tous les travailleurs non salariés,

2. La CANCAVA, pour la retraite, l'invalidité et le décès des artisans,

3. L'ORGANIC, pour la retraite, l'invalidité et le décès des commerçants et des industriels.

 

Après moult discussions, réunions, validations, nominations, proclamations, re-réunions et re-validations, le RSI est donc créé en 2006 et sa mission d'interlocuteur unique officiellement mise en oeuvre à partir du 1er Janvier 2007. Mecadyn est quasiment née avec puisque officiellement enregistrée deux mois après l'inauguration officielle du siège national du RSI . Youpi !

 

champagne.jpg

 

 

À l'euphorie et à l'enthousiasme des premiers jours ont malheureusement succédé les affres de la difficulté d'organisation et les tourments d'une informatique obsolète ! Comme souvent le politique décide, prend des initiatives mais refuse de donner des moyens à la hauteur de ses ambitions. Résultat: 10 ans bientôt après cette loi de modernisation, les employés du RSI en sont encore à utiliser des programmes informatiques incompatibles entre eux et les cotisants ont toujours autant de mal à s'y retrouver. Il en résulte des tensions parfois très fortes, allant jusqu'aux menaces, au pugilat... Sur certains forums du Net les insultes pleuvent et à l'intérieur du RSI le mécontentement est très élevé, allant jusqu'à des mouvements de grèves (évidemment peu répercutés dans les médias, plus intéressés par le croustillant d'une veuve harcelée par les organismes sociaux un an après le décès de son mari artisan, ou par le sensationnalisme d'employés de France Télécom se jetant de la fenêtre de leur bureau).

 

Tout doucement les difficultés s'estompent, les bugs et les colères diminuent. Mais le système est encore loin d'être parfait, et il faut reconnaître que lorsqu'on reçoit un courrier vous annonçant que suite à votre prolongation d'arrêt de travail vous n'aurez pas droit à vos indemnités journalières, nanananère !, il est difficile de rester stoïque. Heureusement, comme me l'a dit il y a quelques jours une personne* travaillant elle même dans l'antre de la bête, dans Régime Social des Indépendants il y a le mot Social. Et c'est vrai qu'on y trouve des interlocuteurs connaissant bien la définition de ce mot, et faisant de leur travail une véritable mission au service des cotisants. Qu'ils en soient ici publiquement remerciés tant qu'il en existe encore !

 

logoTNS.jpgForum des Indépendants et TNS

 

* La personne que j'évoque ici utilise le pseudonyme d'AsdePique (sans doute par référence au mouvement hard rock plus que par son habillement, enfin j'espère...) et a créé il y a deux ans un forum d'entraide à l'intention des indépendants et TNS. Il n'y a pas d'équivalent sur le Net pour tous ceux qui connaissent justement des difficultés avec le RSI ou ont des incompréhensions face à ce système particulier de sécurité sociale. Je le conseille à tous, artisans, commerçants et prestataires de services, soucieux de leurs droits d'assurés sociaux et respectueux du travail des autres !

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 14:30

gautier-a-la-mer.jpgGautier Girard

 

Amis créateurs d'entreprise, vous souhaitiez savoir de manière claire et succinte ce qu'était le régime d'auto-entrepreneur ? Grace à cette vidéo Gautier vous explique tout de manière simple et en 5 minutes:

 

 

 

 

 

Il est kro frort ce Gautier !

 

À propos de création d'entreprise, comme j'en parle de temps en temps sur ce blog, de plus en plus d'internautes viennent lire ma prose. Je les en remercie. En tête des mots clés utilisés sur Google pour arriver là:

 

loto entrepreneur

vendre mes confitures

j'ai besoin des adresses des sociétés pour faire des contrats

organigramme auto entrepreneur

 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 07:35

Autoconstruction de maisons usinees.762x353 

Maison bâtie par un auto-constructeur au Canada

 

La CAPEB dénonce ce qu'elle considère depuis le début comme un régime à double vitesse inacceptable pour toute la profession du Bâtiment, et enfonce le clou avec une campagne de protestation massive. Son dernier communiqué est très clair:

 

"Concurrence déloyale, incitation au travail dissimulé, nouvelle précarité du travail et moindre protection du consommateur, sont autant de dérives que les artisans dénoncent. [...] En se mobilisant pour demander une réforme profonde et juste du régime de l’Auto-entrepreneur, les artisans entendent montrer leur grande inquiétude et leur colère."

 

Que diront-ils lorsqu'ils découvriront effarés qu'en France il y a de plus en plus d'auto-constructeurs, de gens qui construisent eux-mêmes leurs propres maisons. À l'image de ce qui se fait au Canada depuis des années, comme l'illustre la photo ci-dessus d'une maison fabriquée par Mr. Auto-constructeur (ça ne s'invente pas...), de plus en plus de jeunes français s'y mettent avec passion et énergie. Sur ce site spécialisé,149 blogs sont recensés. Compte tenu des difficultés financières de plus en plus grandes pour accéder à la propriété, nul doute que le phénomène va encore s'étendre dans les prochaines années. Et les AE n'y seront pour rien...

 

La Confédération du Bâtiment n'en rajoute t'elle pas un peu trop en stigmatisant ainsi le régime d'auto-entrepreneur ? N'est-elle pas plutôt victime d'une crise économique durable consécutive à une inflation immobilière démesurée ? Ce ne sont pas des AE précaires qui ont fait fermer une à une les agences immobilières depuis 2 ans, et ce ne sont pas quelques maçons amateurs qui ont fait effondrer la demande en permis de construire ! Un lien ci-dessous conseille les professionnels concernés et donne un aperçu de l'ampleur du problème, sans commune mesure avec l'arrivée des auto-entrepreneurs:

image-article-juridique-300x200

 

La crise immobilière in www.refleximmo.com

 

Mais, si d'un côté on peut penser que les organisations d'artisans y vont fort dans cette expression de colère (la CAPEB n'est pas la seule), de l'autre on peut quand même regretter que le gouvernement n'ait pas fait grand chose pour calmer les esprits. Au contraire, afin d'inciter le maximum de personnes à opter pour ce régime, les pouvoirs publics se sont faits discrets sur les obligations légales, les autorisations d'exercer telle ou telle profession, les assurances, les responsabilités civiles et autres devoirs exigés auprès de tout chef d'entreprise. Sous la pression, Hervé Novelli a bien constitué dès Janvier 2009 un groupe de réflexion avec les différents partenaires pour examiner la situation durant toute l'année, mais ça n'a abouti qu'à des mesurettes jugées comme très insuffisantes par la CMA: en gros, la seule modification fut que les auto-entrepreneurs qui décidaient de créer une activité artisanale à plein temps, devaient s'inscrire au registre des métiers (depuis Mai 2010).

 

Et si à ce manque de concertation on ajoute les messages vindicatifs de ceux qui sont censés représenter les auto-entrepreneurs, le capharnaüm risque de durer encore un moment. La Fédération des Auto-Entrepreneurs a en effet décidé de réagir oeil pour oeil aux revendications de la CAPEB en lançant une contre mobilisation ! Au bout du compte c'est Artisans contre AE, et il n'y a plus d'arbitre pour calmer le jeu et redonner une image valorisante de l'entrepreneuriat.

 

 

Carton jaune

 

 

Tout ça est regrettable. Le véritable élan que permet ce régime d'auto-entrepreneur devrait être remis en valeur. Pour ma part, s'il avait existé en 2006 il m'aurait évité de passer par un système de portage salarial totalement inapproprié. Et il est probable aussi que j'aurais créé mon entreprise bien avant, sans pour autant causer préjudice à qui que ce soit, mais bien au contraire en participant - modestement - au développement de l'économie et à la préservation d'emplois. 

 

Le résultat a été gâché avec cette communication faite dès le départ sur le mode "Tout le monde peut devenir chef d'entreprise, il suffit de s'inscrire en ligne sur le site Internet. Tout ça avec des coûts annuels modiques et en cadeau de bienvenue on vous valide un trimestre de retraite gratis !". Ce discours a incité le plus grand nombre à s'engouffrer dans le système sans préparation et avec des à-priori (contrairement à ce qu'on pense les charges d'un AE ne sont pas beaucoup plus faibles qu'un TNS en Entreprise Individuelle classique). Il faut au contraire rappeler ce que sont les véritables atouts du régime d'auto-entrepreneur:

- tester une activité d'indépendant sans prendre d'engagement ni de gros risques financiers,

- avoir des revenus complémentaires déclarés en exerçant un métier que l'on maîtrise en toute légalité,

- donner le goût d'entreprendre, d'innover et permettre la création de vraies entreprises dont le régime micro n'est qu'une première étape.

 

Une véritable campagne de sensibilisation du grand public et de dialogue auprès des organisations professionnelles s'impose. Qui saura relever le défi ?

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 10:23
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Une véritable usine à gaz ?

 


Dans cet article Gautier Girard nous avait donné 5 arguments incontournables pour ne pas devenir chef d'entreprise. Mais je m'aperçois à force de lire des articles sur le Net à ce sujet qu'il existe également de fausses mauvaises raisons pour ne jamais se lancer. En voici 10 que vous avez déjà tous certainement entendues:


C'est trop compliqué

Les créateurs d'entreprise se retrouvent en face d'une montagne de choses à faire avant de vraiment se lancer. Mais toutes ces démarches administratives et autres "paperasseries" masquent la seule et vraie difficulté qui est... d'avoir des clients.

Et d'ailleurs, plus on rend simple la création administrative d'une entreprise (avec le régime d'auto-entrepreneur notamment) plus cette complexité réelle est mise en évidence.


On ne donne des aides financières qu'aux chômeurs

Après la lourdeur des démarches administrative c'est l'absence d'aides financières qui est mise en avant. Certains pensent même que c'est bien trop facile pour un chômeur ou une femme isolée, mais qu'on ne fait rien pour les hommes salariés qui souhaitent créer leur activité (sic).

Non, les aides financières ne sont pas et n'ont jamais été le préalable à la réussite d'un projet d'entreprise. Ces aides n'interviennent que sous forme de coup de pouce pour un dossier bien ficelé, solidement construit et reposant sur une motivation sans faille du porteur de projet.


Les taxes sont exorbitantes

En France, c'est bien connu, on écrase les entrepreneurs sous les charges. Il y a pourtant aujourd'hui plus de 3 Millions de travailleurs non salariés qui vivent dans ce pays de leur activité commerciale, artisanale ou libérale. Et ce nombre ne fait que croître d'année en année !

Les cotisations sociales et les impôts ne sont pas plus pénalisants pour un indépendant que pour un salarié. Ces frais présentent seulement l'inconvénient d'être en décalage par rapport aux recettes et de nécessiter une bonne gestion de trésorerie. Au final, ce ne sont pas les taxes qui liquident une entreprise, mais la baisse de chiffre d'affaires, la perte de clientèle.


Les réglementations empêchent de se lancer

On ne compte plus aujourd'hui le nombre de personnes qui veut se mettre à son compte pour vendre des plats cuisinés, transporter des gens dans leur voiture, ouvrir une garderie ou soigner des personnes âgées.

De tout ce que je peux lire en ce moment sur les projets d'auto-entrepreneurs c'est sans doute ce qui me fait le plus hérisser le poil. Si on n'y prend pas garde ce statut d'entreprise individuelle ultra light peut nous replonger 100 ans en arrière. Des tas de petits boulots créés, d'accord, mais dans des conditions d'hygiène, de sécurité, de travail déplorables et sans commune mesure avec tout ce qui a été mis en place dans les pays occidentaux au XXème siècle pour nous protéger, améliorer nos conditions de vie et notre santé.

Va-t-on vers une société où l'on déréglementera de plus en plus pour permettre au plus grand nombre d'avoir un boulot ? Ou bien tout ça n'est qu'un épiphénomène lié à l'engouement pour l'auto-entreprise. Je me pose la question.

 

 

 

argent.jpg


La banque ne veut pas me prêter d'argent

Par principe une banque ne fait pas de philanthropie (ça se saurait) ! Par contre leur rôle est bien de prêter de l'argent mais... sans prendre aucun risque.

Pour avoir une chance d'obtenir un prêt il est donc indispensable d'avoir un dossier de création d'entreprise costaud, avec un soutien de la part de l'entourage, des partenaires sûrs (clients, fournisseurs,...), des organismes d'appui (CCI, CMA, URSSAF). Une personne qui se présente la fleur au fusil devant son banquier pour obtenir de l'argent n'a aucune chance d'obtenir gain de cause.

Et puis il n'y a pas que la banque qui puisse prêter. Le site de l'APCE dresse un panorama complet des possibilités de financement.



Je ne trouve pas d'associé

Il est certain que l'idéal lorsqu'on se lance dans l'aventure de l'entreprise est de pouvoir le faire à plusieurs en regroupant toutes les compétences: un gestionnaire, un technicien, un commercial, un comptable,... Mais ça n'arrive pratiquement jamais.

Le mieux est de se lancer seul, en utilisant au maximum ses points forts tout en améliorant ses points faibles. Par la suite il sera toujours temps de s'associer pour développer l'entreprise, la transformer en SARL ou en SA


C'est un piège

Voilà un argument que j'ai lu il y a quelque temps et qui concerne le régime d'auto-entrepreneur. "On" aurait mis ça en place pour principalement diminuer le nombre de chômeurs et créer une population de faux entrepreneurs. Ceux-ci alléchés au départ par la simplicité et l'absence de coût se retrouveraient ensuite condamnés à faire vivre leurs entreprises pour s'en sortir et seraient fortement imposés une fois les premières années d'exonération passées.

L'éternel complot en somme ;-)

 

 

 

 

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Les clients sont de mauvais payeurs

Une entreprise, qu'est-ce que ce serait bien s'il n'y avait pas les clients !

"Comment faire", dit ce futur entrepreneur, "si je livre des clients et qu'ils ne me payent pas ?". Question surprenante quand on sait le nombre de commerçants ou d'artisans qui réussissent à se faire payer sans problème. Restent les cas douloureux d'impayés, que chacun règle à sa manière (pressions, injonctions, tribunal) mais qui sont suffisamment exceptionnels pour ne pas forcément mettre en péril l'existence de l'entreprise. Cela arrive, bien sûr, mais sans que ce soit un postulat de départ.


Je n'ai pas de nom commercial, ou on m'a volé le mien

En général ce genre de mauvaise raison n'annule pas le projet mais le retarde sérieusement. Beaucoup en effet s'évertuent à avoir un nom, une marque dont ils sont persuadés qu'ils assureront le succès de leur entreprise.

Je suis persuadé qu'il n'en n'est rien. Quand on voit le succès de sociétés aux consonances ridicules ou imprononçables comme Google, Lalique, Schwarzkopf, Weight Watchers... il est évident que la réussite ne repose pas que sur le nom. Peu d'entreprise artisanales utilisent des marques ou des enseignes pour se distinguer, leur réputation se faisant surtout à partir du patronyme du chef d'entreprise. Il vaut mieux à mon avis consacrer plus de temps à se faire connaître, même sous un nom simple ou complètement bateau, qu'à trouver un nom original ou particulièrement astucieux.


Et enfin la raison qui résume toutes les autres "De toute façon on me mettra des bâtons dans les roues" et qui me fait invariablement penser à cette blague:

Un gars se retrouve une nuit en pleine campagne, voiture arrêtée sur le bord de la route, une roue crevée. Pas de bol, notre ami Jules, appelons-le comme ça, a laissé le cric dans son garage et ne peut réparer sur place. À 1km d'ici, dans une maison isolée, habite un de ses copains qui pourra sûrement le dépanner. Jules s'y rend d'un pas décidé.

En chemin il se dit qu'il est tard pour aller frapper chez Robert. "À 3 heures du matin est-ce qu'il va bien vouloir m'ouvrir ?". Il se rappelle aussi que les relations n'ont pas toujours été au beau fixe entre eux deux. "Et puis c'est un égoïste forcené ce Robert; je ne l'ai jamais vu donner un coup de main à qui que ce soit !". Jules marche encore mais sa confiance s'effrite "Est-ce que ça vaut vraiment le coup de lui demander s'il a un cric ?"

Finalement Jules arrive au pied de la maison de son copain, et trouve l'argument ultime en entendant les chiens gueuler dans leurs niches "Ce con est capable de me tirer dessus à coup de chevrotines quand il va me voir !". Il s'apprête à rebrousser chemin, mais les volets s'ouvrent et la tête de Robert apparaît "Qu'est ce qui se passe ?" dit-il et Jules lui assène " Tu sais où te peux te le mettre ton cric ?!" et s'en va en râlant et pestant contre le monde entier.

 

 

 

 

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 08:59
worker_l.jpg
Handy Girl*

Deux personnes m'ont fait part il y a quelques jours de leur effarement face à de nouveaux comportements, ceux des auto-entrepreneurs. La première, conseiller technique à la Chambre des Métiers, en voit défiler de plus en plus, avides de renseignements sur l'installation en tant qu'artisan comme auto-entrepreneur; la seconde, conseiller à Pôle Emploi, accueille de nombreux chômeurs qui souhaitent se mettre à leur compte et obtenir une aide et un accompagnement pour cela.

On ne peut que se réjouir d'un tel engouement, signe d'une vitalité dans notre pays et de l'envie d'y entreprendre. Mais dans ce que perçoivent ces deux personnes la face cachée de ce phénomène est tout autre ! Le premier constat indique qu'il s'agit de personnes en difficulté, ne trouvant pas d'emploi et qui pensent par le biais d'un régime simplifié obtenir facilement les revenus qui leurs manquent. Certains sont désemparés quand ils se rendent compte que l'obtention d'un numéro de SIRET ne fait pas tout et qu'il y a un gros travail à accomplir avant d'engranger ses premières recettes, même s'il ne s'agit que de vendre des sandwichs sur des parkings. D'autres désespèrent de ne pas trouver de clientèle au bout de plusieurs mois et voient leurs économies fondre peu à peu. Le second constat est que pratiquement aucun de ces auto-entrepreneurs n'a fait d'étude de marché ou de plan d'affaire pour analyser la viabilité de leur entreprise. Pour beaucoup c'est: "On s'inscrit, on verra bien après" puis découvrent la dure réalité du commerce et du marketing, rares étant les clients venant spontanément les rémunérer...

Honnêtement je ne pensais pas à ça il y a un an, et je continue à croire que c'est un excellent tremplin pour se lancer sans risque ou tester une activité. Mais là, stop ! À force de discours publicitaires sur tous les médias, à force de rabâcher partout qu'aujourd'hui il est facile de devenir son propre patron, l'État est en train de complètement galvauder l'esprit d'entrepreneuriat et de transformer la notion d'entreprise en gadget à 1 Euro. Le plus grave étant que des personnes en situation précaire le soient encore un peu plus à cause de ce miroir aux alouettes.

Depuis un an, en raison du jeu de mots que j'avais utilisé dans le titre de mon précédent article sur le sujet, il ne se passe pas une semaine sans que plusieurs internautes arrivent sur ce blog en tapant les mots "Loto Entrepreneur" dans leur moteur de recherche (25 personnes la semaine dernière). À tous ces lecteurs de passage et non moins confrères entrepreneurs je voudrais préciser que dans "L'auto entrepreneur" ce n'est pas la notion de loterie qu'il faut prendre en compte mais bien celle de "auto", comme dans auto-détermination, auto-suffisance. Les anglais utilisent le préfixe "self" pour signifier "par soi-même". C'est donc en soi-même qu'il faut trouver les ressources nécessaires à la création de son entreprise et non en cochant des cases sur un formulaire ou en regardant tourner la roulette.


roulette.png


Ce travail sur soi-même passe obligatoirement par une étude de marché préalable sérieuse. Attention, pas un questionnaire style "Aimez-vous les confitures, combien de pots en mangez vous chaque jour, chaque semaine, chaque mois ?", non, mais une étude de la concurrence, de son implantation, de la façon dont elle travaille, des prix pratiqués, une étude de la clientèle existante, du chiffre d'affaire potentiel, des qualifications nécessaires, de la réglementation,... Une fois l'idée bien fixée, les compétences acquises et l'étude ficelée le plus gros de la préparation est fait. Reste ensuite à établir un prévisionnel et un plan de financement, puis à conquérir de premiers clients. L'inscription comme auto-entrepreneur n'est qu'une formalité finale ne présentant aucune difficulté.

Alors pourquoi je vous parle de tout ça ? C'est qu'au milieu de cette agitation dont on ne sait pas encore très bien où vont nous entraîner les tourbillons, il y a des initiatives réjouissantes et bien concrètes sur l'entrepreneuriat. Je veux parler de ce Concours national de la création d'entreprise. Gautier Girard, bien connu sur le Net dans ce domaine, vient d'y apporter sa contribution en offrant 1000 € au vainqueur et 500 au second. Ce genre de concours où les lauréats se verront également offrir une étude de marché, est l'occasion pour les entrepreneurs en herbe d'aller au bout de leur démarche en défendant leur idée et leur projet face à un jury professionnel. Précipitez-vous sur ce lien pour en savoir plus !


* Pour obtenir ce joli costume de travailleuse manuelle cliquez ici.
 

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 10:02
danger.jpg

Lorsque j'ai démarré mon entreprise je n'ai pas tardé à être sollicité par plusieurs entreprises dont certaines procèdent de manière très cavalière. L'une d'entre elles notamment se présentait comme une agence de pub à qui j'aurai donné mon accord verbal pour 1 500 € de frais de publication dans une revue dédiée à ce genre d'annonce. Elle attendait ma confirmation... Autant dire qu'elle l'attend toujours.

La ficelle ici était très grosse, mais des procédés plus pernicieux sont apparus depuis peu. Le plus connu est celui de la SNC (Société Nouvellement Constituées) qui envoie à chaque nouvelle entreprise une facture de 79.90 € pour inscription dans ces registres. C'est tellement bien fait que certains s'y sont fait prendre. Le procédé a été dénoncé sur plusieurs sites dont celui très officiel de l'APCE, mais aussi sur lesarnaques.com et le site de Gautier Girard.

Avec le statut d'auto-entrepreneur d'autres petits malins ont inventé un nouveau stratagème il y a environ 2 mois: celui de faire 79 € une inscription totalement gratuite ! Ce site s'appelle Declaration-auto-entrepreneur.com et fait de la pub un peu partout. N'y allez pas, le seul site officiel où il suffit d'un clic pour s'inscrire est celui du gouvernement:

La société installée à Bélize (ça en dit long sur leurs louables intentions...) dit "assister" ses clients pendant 3 mois avec un numéro de téléphone. Mais les pouvoirs publics le font déjà, et gratuitement, au numéro indiqué sur le portail officiel !

Et comme elle ose se retourner contre ceux qui l'attaquent, je m'empresse ici de témoigner publiquement ma solidarité à ceux qui dénoncent cette arnaque. Je ne vais pas tous les citer ici (en tête les respectables Fédération des Auto-entrepreneurs et Union des auto-entrepreneurs) mais souhaite surtout apporter mon soutien à Gautier Girard qui se bat depuis plusieurs semaines pour faire connaître ce procédé malhonnête et faire cesser leurs publicités. Si vous vous sentez concerné, prenez 5 minutes vous aussi pour dénoncer ces pratiques à cet endroit.

 

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 08:13


Je me demande bien qui a voulu à toute force convaincre les entrepreneurs qu'une étude de marché reposait sur un questionnaire ! Ici ou là sur Internet on voit fleurir ces messages nous demandant de répondre à des questions essentielles comme: "Combien de chats avez-vous ?", "Quel budget mettez-vous dans votre jardinage ?" ou encore "Qui fait vos courses au supermarché ?". Les internautes en recherche d'information sur leur future entreprise se transforment en sondeurs de nos vies quotidiennes. Honnêtement je ne pense pas que le dépouillement des 30 ou 50 réponses qu'ils obtiendront leur soit d'une grande utilité, mais:
- quelqu'un leur a dit qu'il fallait faire une étude marché pour lancer leur entreprise,
- ils ont besoin d'être rassurés sur la pertinence de leur idée,
- tout le monde le fait.

C'est vrai que lorsqu'on est dans le brouillard de la création d'entreprise, on ne sait pas trop à quoi se raccrocher avant de se lancer dans le vide. Un message rassurant serait utile, du genre: "75% des personnes consultées sont intéressées par vos services. Go !". J'en parle avec un soupçon d'ironie mais sans mépris, ayant moi-même connu ce stade d'incertitude au moment de créer Mecadyn. J'ai même été tenté de confier une "étude de marché" à une école de commerce. Finalement je ne l'ai pas fait et je ne le regrette pas, maintenant persuadé que cela ne m'aurait pas servi à grand chose. Pourquoi ?

Commençons par le fameux questionnaire. Il n'a à mon avis aucune utilité lorsqu'on aborde un marché professionnel, tout du moins pas dans la forme classique du sondage. Récolter des réponses est déjà difficile, les exploiter encore plus. Au mieux cela vous confortera dans vos idées premières : "Bon, mon activité rencontre un certain intérêt dans la population industrielle visée", c'est toujours ça... La seule raison d'être d'un "questionnaire" en direction des entreprises est l'action commerciale, pratiquement quand l'activité est lancée et qu'il n'y a plus qu'à trouver des clients. Et encore faut-il qu'il soit suffisamment ouvert pour ne pas se retrouver vite bloqué dans la prospection. Mais bon, là on aborde un autre sujet, celui du marketing et du commerce, nous en reparlerons. 

Qu'en est-il du questionnaire auprès des particuliers ? Franchement, je n'en vois l'utilité que lorsque l'idée est particulièrement innovante, quasiment inédite et qu'on veut sonder l'opinion à ce sujet. Et encore, j'ai l'impression que les gens qui se lancent sur des créneaux encore inexploités le font surtout au feeling, avec beaucoup de culot et d'énergie (je pense par exemple à ce gars qui s'est lancé le premier dans la livraison de Paëlla à domicile, activité pratiquement inexistante il y a 10 ans et aujourd'hui très développée un peu partout en France). Je ne suis pas spécialiste de la question, mais il doit sûrement y avoir une grande part de flair là-dedans. Ceux qui arrivent avec leurs questionnaires ont déjà une décennie de retard. C'est la même chose pour l'ensemble des services à la personne, travaux à domicile, petits boulots. Mis à part un petit questionnaire auprès de ses voisins ou de ses amis pour voir s'il y a encore un créneau dans le secteur géographique, je ne vois pas trop l'intérêt d'un sondage. Et encore moins sur Internet où les réponses vont venir de partout, d'une grande ville, de la campagne, de Belgique, du Québec,... Sinon, ça peut servir aussi à faire des jolis camemberts dans un rapport:




Non, l'étude de marché, si on décortique les mots c'est tout autre chose:
- le "marché": qui est concerné par l'activité que je veux lancer ? quel potentiel en terme de chiffre d'affaire cela représente (au niveau national, régional, local) ? qui sont les concurrents sur ce secteur ? comment travaillent-ils ? où sont ils ? quels sont leurs prix ? leur clientèle ?
- l' "étude": pour répondre aux questions ci-dessus, il faut utiliser toutes les sources possibles d'information. En premier lieu: sa propre expérience (j'ai la vague impression qu'une personne qui ne connaît strictement rien au secteur d'activité qu'elle veut créer n'a aucune chance de réussir). Ensuite: un peu d'espionnage, d'enquête sur le terrain (le seul moment où on peut éventuellement pratiquer la technique du questionnaire), de récolte d'informations auprès des organismes concernés (CCI, CMA,...), de recherche documentaire (c'est fou ce qu'on peut trouver aujourd'hui comme bases de données sur le Net, par exemple en consultant le site de l'INSEE ou en visitant les sites des concurrents).

De ce point de vue, l'approche proposée par l'APCE (Agence pour la création d'entreprise) est excellente. J'encourage ceux qui ont envie d'en savoir plus à lire attentivement cette page:


Et pour tous ceux qui veulent échanger sur leur propre expérience d'entrepreneuriat ou obtenir des informations pertinentes sur la création d'entreprise, un seul site, celui de Gautier Girard: http://www.gautier-girard.com/


 

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 10:14



www.clossetcadeaux.com

 

On en avait parlé ici à l'occasion de la loi de modernisation de l'économie. Les délais de paiement entre entreprises allaient passer à 45 jours fin de mois au 1er Janvier 2009. Avais-je raison d'être sceptique ? Jugez par vous même:


Les branches professionnelles ont finalement eu jusqu’à aujourd'hui 1er Mars pour signer des accords qui permettent de déroger aux délais de paiement “imposés” par la loi. Elles ne s'en sont évidemment pas privé. Voici la liste des secteurs industriels qui pourraient être concernés:

  • horlogerie-bijouterie,

  • jouet,

  • bricolage,

  • papeterie,

  • livre,

  • bâtiment-travaux publics,

  • sanitaire-chauffage,

  • matériel électrique,

  • pneumatique,

  • conserve alimentaire,

  • textile,

  • optique,

  • quincaillerie

  • jardin,

  • nautisme,

  • articles de sport,


Certains accords ont déjà été validés par le Conseil de la concurrence, d'autres vont l'être prochainement. Pour certains secteurs c'est le flou absolu: celui de l'automobile demeurerait soumis à un délai spécifique négocié en 2008 (90 jours). Si quelqu'un a des informations précises je suis preneur.


J’ai déjà reçu deux courriers en ce sens de clients qui m’expliquent pourquoi ils vont me payer à 60 jours fin de mois le 10 en vertu d'un de ces accords. Donc, si je facture le 10 du mois, je ne serai payé que 90 jours plus tard au lieu des 60 jours nets promis dans la loi. On est loin du compte... Surtout que le Sénat vient de repousser à 2013 la fin du régime dérogatoire.
 

Bon, il est possible que d’ici 10 ans on arrive au résultat espéré mais il n'était peut-être pas nécessaire de passer par des effets d'annonce, de proclamer que le gouvernement va régler le problème alors qu'il ne le peut pas vraiment, en tout cas pas de manière aussi radicale.


Le comble c’est qu’avant cette “loi de modernisation” je faisais tout pour obtenir un paiement à 30 jours fin de mois chez tous mes clients et qu’aujourd’hui certains me mettent sous le nez un document officiel qui coupe court à toute discussion !
 

Mais bon, en 2013, ce sera fini. Aaaah !

 

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 07:02



M6 compte faire dans une prochaine émission "Capital" un dossier sur les chômeurs qui ont décidé de se lancer en tant qu'auto-entrepreneurs. Je relaye cette information à partir de l'excellent forum de Gautier Girard sur l'entreprise et l'économie. Si vous êtes intéressé et que vous avez un témoignage à apporter, vous trouverez toutes les informations de contact ici: appel de M6 sur le forum de Gautier

Je salue d'ailleurs au passage les nombreux internautes (plus de 50) qui viennent sur ce blog en tapant les mots clés "loto entrepreneur" et tombent sur l'article qui est consacré au sujet. Comme moi ils ont compris que ce statut est un peu une loterie: celui qui y joue devra attendre un peu avant de savoir ce qu'il a gagné ! Par contre, comme dit l'autre, au Loto tous les gagnants ont tenté leur chance. Alors...

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 12:18



Comme c'est à la mode en ce moment, je m'en vais vous faire un p'tit article sur le fameux statut de l'auto-entrepreneur.

Ah que voilà un mot savamment construit ! Bien dans l'esprit de notre époque: avec leur auto-entreprise les gens vont pouvoir s'auto-alimenter, s'auto-développer, s'auto-suffire; ne me dites pas s'auto-détruire, ce serait du mauvais esprit, m'enfin ! Non, auto comme 'je le fais moi-même' (ze self made man), auto comme automatique (c'est tout simple, yaka quiqué là).

Le nouveau statut est présenté partout comme une avancée vers le libre entrepreneuriat, la création d'entreprise à la portée de tous. En fait, si on analyse bien les possibilités, on se rend vite compte que le système est essentiellement fait pour ceux qui ont déjà un boulot, sont étudiants ou à la retraite, et qui souhaitent avoir une petite activité complémentaire (ou qui l'ont déjà mais veulent la régulariser, comme les ventes sur e-bay par exemple). Mais c'est pas vraiment fait pour ceux qui veulent vivre des revenus de leur entreprise. Le chiffre d'affaires autorisé est très limité, on ne peut déduire aucune charge, ni récupérer de TVA et les cotisations sociales réduites ne permettent pas d'envisager de bons remboursements de soins ni une grosse retraite. Sur ce dernier point - la retraite - aucune information n'est pour le moment disponible sur les droits qui seront acquis avec le système d'auto-entrepreneur. Ce sera la surprise, comme au Loto...

Les chambres des métiers râlent parce qu'elles pensent que vont se trouver sur le marché une armée pléthorique d'artisans non référencés venant concurrencer des professionnels aux activités bien réglementées. Qu'elles se rassurent ! Ce n'est jamais qu'un moyen pour l'État de récupérer des cotisations sociales qui lui échappent, et non la proclamation de la fin de l'artisanat et du commerce standards. Le président de l'APCE ne l'a d'ailleurs pas caché au moment où a été présenté le nouveau dispositif: la simplicité du système permet de donner un cadre légal et un statut social aux petits boulots qui jusqu'à présent se faisaient au noir. J'ajouterai que si on s'attend à un boum lors des 10 prochaines années dans le domaine des services à la personne, ce ne sera pas grace au statut d'auto-entrepreneur mais parce que de plus en plus de salariés, de chômeurs ou de retraités seront obligés de compléter leurs revenus par des petits boulots. Dur constat quand même !

Bon, restons sur une note positive: le système permet aussi de tester facilement une activité d'indépendant que l'on souhaite ensuite pérenniser. En cela il faut quand même reconnaître que le nouveau statut fera la part belle aux sociétés de portage, aux agences d'étude à la création et autres experts comptables officieux, qui se nourrissaient jusqu'à présent pas mal sur cette carence de l'État. Ne payer des cotisations que lorsqu'il y a des recettes et presque en temps réel, c'est quand même une petite révolution. De mon point de vue, une fois l'activité testée, il faut quand même vite choisir: soit le monde du salariat avec lequel on sait où l'on va sans trop de risques, soit l'entreprise réelle qui permet de dégager du profit et de vivre de son activité.

Alors, vive l'auto-entreprise pour se mettre à son compte facilement ! Mais pas pour devenir les auto-précaires du futur !
 

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