Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 16:53
L'éloge du carburateur

Ça faisait un moment que je voulais en parler mais je ne trouvais pas l'angle d'attaque. Grâce à une amie Facebook qui a partagé cet article sur sa page, tout s'est éclairé (Merci à Sylvie) : L'invasion des « métiers à la con » une fatalité économique ?

Plus j'ai avancé en carrière plus j'ai rencontré ces boulots à la con, qui ne servent à rien ou presque. J'en ai même réalisé, c'est pour dire comme je suis bien placé pour en parler ! Plus la taille de l'entreprise est grande, plus il y a de cadres et plus vous trouverez des gens occupés à des postes totalement improductifs et qui pourraient disparaître sans que ça nuise aucunement au résultat de l'entreprise. Mais, chut ! Il faut pas trop le dire. Ce sont quand même des boulots à préserver, il en va de l'avenir de centaines de milliers de cadres et de celui de leurs enfants.

Bon, j'exagère, ces postes ne sont pas totalement inutiles. Disons que 25% du temps passé sert vraiment à faire fonctionner la boîte, à mettre un peu d'huile dans les rouages. Comme l'expliquent les défenseurs du système : en 50 ans la gestion des entreprises (financière, comptable, logistique, ressources humaines,...) et les méthodes de production se sont énormément compliquées. Il faut des cerveaux et des compétences pour organiser tout ça. Certes. Mais que font ils des 75% du temps qui reste ? Des réunions, des séminaires, des rapports, des rédactions de procédure, du contrôle, etc. Tout un tas de trucs inutiles mais qui remplissent l'espace et le temps.

L'éloge du carburateur

Les anglophones appellent ça « Bullshit jobs » et l'illustrent à l'aide de cartes de Bingo.

Quand j'étais jeune cadre, avec certains collègues on utilisait un peu ce système lorsqu'on s'ennuyait dans certaines réunions de management. Il ne s'agissait pas de cartes Bingo, mais le principe était le même : une liste de mots et d'expressions prononcées au cours de ces réunions et que l'on cochait sur nos petites feuilles. Le but étant d'en avoir le maximum en un temps réduit : relation gagnant-gagnant, force de proposition, stratégie, cœur de métier, maîtrise du processus,... Aujourd'hui beaucoup d'anglicismes sont utilisés mais je suppose que c'est toujours la même chose.

Je dis « je suppose », car je suis miraculeusement sorti de ce système à la con. J'ai vraiment pris conscience vers l'âge de 35-40 ans que je ne pourrai pas tenir dans cette hypocrisie quasi-permanente jusqu'à la retraite. Je suis alors parti travailler dans des petites entreprises, ce qui m'a permis de découvrir d'autres horizons professionnels plus proches du terrain, ainsi que d'aller travailler dans d'autres pays, comme les États Unis ou Singapour. Et puis, à 45 ans j'ai créé ma boîte. Une entreprise de service industriel, dans un domaine avec lequel on ne peut pas tricher : la maintenance en mécanique. Si les contrôles sont hasardeux ou se transforment en conseils fumeux, ce n'est même pas la peine de franchir la porte d'un atelier. Les seuls moments inutiles que j'y consacre sont dédiés aujourd'hui aux réseaux professionnels et à l'entraide. Des tâches qui n'apportent strictement rien à mon entreprise mais qui – je l'espère – servent aux autres, notamment ceux qui veulent quitter leur job à la con.

L'éloge du carburateur

Ce phénomène qui consiste à quitter un emploi de cadre de grande entreprise pour se mettre à son compte dans des domaines plus terre à terre s'est énormément développé ses dernières années. Des cols blancs enfilent le bleu du mécano pour redonner du sens à leur vie professionnelle. C'est le cas de Fred et Hugo qui ont créé un atelier de réparation de vieilles motos à Paris. Un parcours inspiré de celui de Matthew B. Crawford, un américain qui avait quité un poste de directeur à Washington pour réparer des motos en Virginie. Il a même écrit en 2010 un bouquin intitulé Eloge du carburateur – Essai sur le sens et la valeur du travail, dans lequel il explique que le travail manuel peut s'avérer bien plus gratifiant que les emplois prestigieux dans le tertiaire. Une évidence. Redonnons de la valeur aux métiers qui ont un sens comme la fabrication ou la réparation ! Bon sang !

Sur ces bonnes paroles : bonne semaine à tous, et bonne rentrée à tous ceux qui redémarrent une nouvelle année scolaire !

Partager cet article

Repost 0
Published by François - dans Société Économie
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Mecadyn
  • Le blog de Mecadyn
  • : Ce blog est centré autour des activités de Mecadyn, entreprise de prestation de service en maintenance industrielle. Au gré des circonstances il permet aussi des digressions autour de la création d'entreprise, la vie en société, les loisirs,...
  • Contact

Recherche

Texte Libre

LOGO_MADEINFRANCE.jpg

Droits d'auteur

Toute reproduction, diffusion publique et usage commercial du contenu de ce blog sont interdits sans mon autorisation.

Partageons...

http://www.wikio.fr