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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 12:48

 

J'ai intitulé cet article « Les initiatives en Touraine » mais j'aurais pu préciser en Touraine du Sud. Un territoire qui s'étend de Descartes à Châtillon-sur-Indre en passant par Ligueil, Loches, Montrésor, Nouans-les-Fontaines, Reignac-sur-Indre,... Des villages dont les noms sentent bon le terroir mais qui savent aussi être attractifs pour entreprendre.

 

L'organisme économique de la Communauté de Communes Loches-Sud-Touraine a eu la bonne idée de faire réaliser des vidéos montrant de manière décalée cette attractivité. En voici un exemple :

Ils ont raison ! Ton boulot est dans le Sud ! Et si tu n'es toujours pas convaincu, plus d'infos sur le site de Sud Touraine Active.

 

C'est donc ici, dans le Sud que depuis à peu près deux ans je participe à un comité d'attribution de prêts d'honneur sous l'égide de l'association Initiative France, un vaste réseau d'accompagnement et de financement de projets ou de développement d'entreprise. Avec d'autres chefs d'entreprises, la Chambre des Métiers, la CCI, les banques, les assurances, les experts comptables, la communauté de communes nous décidons de l'attribution de fonds pour financer des projets. Un juste retour des choses car j'ai moi-même bénéficié d'un tel prêt à 0% lorsque j'ai démarré mon entreprise en 2007 (à l'époque ça s'appelait l'IDIL).

 

Sur le territoire de la Sud Touraine on se réunit 3 à 4 fois par an pour examiner à chaque fois 8 projets d'installation ou de développement d'entreprises commerciales ou artisanales. Des projets qui vont de la petite entreprise individuelle à des sociétés prévoyant l'embauche de plus de 30 salariés. C'est passionnant car on y côtoie hors contexte professionnel des personnes très aguerries en terme de financement et que l'on découvre des entrepreneurs de tous horizons avec souvent de très belles idées.

Les initiatives en Touraine

Les projets ainsi financés par Initiative Touraine dans le Lochois vont de la reprise d'un restaurant à la création d'une épicerie bio ambulante, en passant par une activité nouvelle de chaudronnerie, la modernisation d'un salon de coiffure, la transformation d'un garage,... On n'imagine pas à quel point notre territoire regorge de possibilités de développement économique. Avec en face, des entrepreneurs volontaires qui défendent leurs projets auprès des banques, de la Chambre des Métiers ou de celle du Commerce.

 

D'année en année le nombre augmente et l'on observe que de plus en plus de citadins (parisiens surtout) décident de se lancer à la campagne, pour retrouver le confort d'une vie plus sereine tout en vivant d'un métier qui leur plaît. Les débuts ne sont pas faciles, bien évidemment, d'où la nécessité de financements comme celui-ci, le soutien des banques et l'accompagnement de professionnels. Sur l'ensemble du réseau Initiative France ce sont plus de 17 000 projets qui ont été financés en 2018. Plus de 90% des entreprises soutenues par la plateforme Initiative Touraine Val de Loire sont toujours en activité, trois ans après leur création.

 

Quel bonheur de voir ces personnes venir revitaliser nos territoires qui s'étioleraient peu à peu face aux métropoles si on ne faisait rien. Qu'ils soient les bienvenus !

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 10:30

La Région Centre Val de Loire a mis en œuvre au début de cette année une expérimentation réelle de démocratie participative, une forme de partage et d'exercice du pouvoir, fondée sur le renforcement de la participation des citoyens à la prise de décision politique.

 

Ils ont appelé ça « Démocratie permanente » car le but n'est pas de nous donner un jouet que l'on jettera au bout d'un an, après s'être bien amusés avec, genre : « Merci pour votre participation. On a noté toutes vos propositions dans un grand cahier. Le jour où en aura besoin on piochera dedans et on l'utilisera. Faut nous laisser travailler maintenant ! »

 

Non, l'objectif est d'inscrire la démarche dans le temps, de la pérenniser. Pour que les citoyens, les habitants, le peuple, les gens (appelez-les comme vous voulez), s'accaparent le pouvoir. Mais attention, pas façon Révolution-lutte-finale-le-poing-levé-tout-ça, mais par le consentement mutuel. La première formule ne marche qu'à la schlague et grâce à la fermeté de comités de salut public, la seconde nécessite énormément d'humilité et d'écoute des différents points de vue. J'ai eu l'occasion de m'en apercevoir hier, où ne serait-ce qu'avec 40 citoyens dans un hémicycle, l'exercice consistant à arriver à un accord après examen des objections, apport d'améliorations, levée d'objections et quelques engueulades (gentilles) est difficile. Il faut savoir s'écouter, comme le résume très bien le dessin d'Eric Grelet qui nous a suivis toute la journée avec papiers et crayons :

 

 

Quand j'ai eu connaissance de ce projet au début de l'année 2017, je m'y suis inscrit par curiosité. On ne devait pas être très nombreux et j'ai été choisi pour représenter le panel du département d'Indre-et-Loire, composé de 7 femmes et 7 hommes, de tous âges, horizons et professions. C'est vrai que j'ai la chance d'avoir une activité professionnelle qui me permet plus facilement que d'autres de m'investir dans ce genre d'initiative. Quant au temps que je dois y consacrer, je le puise dans celui que je n'emploie pas à râler contre l'Etat, le système, le RSI, les impôts, les radars,... ;-)

 

 

Bref, après mise en place des panels territoriaux (12 à 16 personnes dans les 6 départements de la Région), la réalisation d'ateliers démocratiques le soir dans 23 bassins de vie, deux ou trois réunions de synthèse, hier nous avons présenté au Président François Bonneau (ci-contre) un rapport regroupant 500 propositions et 6 thèmes principaux visant à améliorer la démocratie sur notre territoire. Ces thèmes sont des besoins essentiels dont nous avons finalement extraits les 3 principaux :

 

  • Besoin d'apprentissage de l'exercice de la citoyenneté pour tous, dès le plus jeune âge, tout au long de la vie,

 

  • Besoin d'expérimentation pour faire évoluer le processus démocratique, en se donnant du temps et en laissant une part active à chacun,

 

  • Besoin d'implication de tous les citoyens à la vie publique, par l'impulsion initiatives locales, par la contribution directe aux projets qui les concernent.

 

Tout ça peut apparaître comme de bienveillantes intentions remplies de lieux communs et de généralités. Au premier abord oui, mais à l'intérieur de ces thèmes sont proposées des actions concrètes à court terme et surtout l'envie d'aller plus loin dans cette démocratie coopérative, telle qu'elle existe déjà dans certaines communes (celle de Saillans dans la Drôme en est un exemple) et qui pourrait être étendue aux collectivités de communes, au département, à la Région puis à l'Etat.

 

Si certains veulent en savoir plus, donner leur avis, consulter et participer en ligne, c'est ici : https://www.democratie-permanente.fr/projects

A suivre

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 14:03

Mecadyn a décidé cette année de soutenir deux gazelles : Annabelle et Elodie, deux frangines qui ont eu la folle idée de participer ensemble au fameux rallye marocain « Aïcha des gazelles ». Un défi qu'elles se sont relevées à elles-mêmes, comme preuve supplémentaire de leur dynamisme (Annabelle est graphiste freelance et Elodie est Directrice Qualité dans une société de services). Elles ont été attirées par le côté sportif de ce rallye mais aussi par son aspect humanitaire (elles ont dû collecter des fournitures qu'elles vont livrer dans des écoles isolées du désert marocain).

Toutes les deux travaillent en Région Parisienne mais sont originaires de Courçay, un petit village à côté de Reignac-sur-Indre, un coin de la Touraine du Sud à laquelle elles sont très attachées.

Défi sportif et mécanique, aspect humanitaire, mise en valeur de notre territoire. Il n'en fallait pas plus pour que Mecadyn apporte son soutien.

Les gazelles Zanelo !

Le rallye des gazelles est sportif, mais attention, il ne s'agit pas d'une course de vitesse. Chaque journée de course (7 au total, avec un prologue puis 6 étapes) est un trajet à acomplir en passant par toute une série de balises. Il faut faire le moins de kilomètres et ramasser le plus de balises. Dans des conditions évidemment difficiles (pas de route, que du hors pistes dans le sable et la rocaille) et en employant des moyens de navigation rudimentaire : boussole, compas et cartes des années 70 !

Au moment où j'écris ces lignes nos deux gazelles tourangelles sont au milieu de la 3ème étape. Dans les dunes de Merzouga quelque part au sud du Maroc, pas loin de la frontière algérienne. On peut suivre en direct leur progression sur ce site : http://www.rallyeaichadesgazelles.com/fr/rallye/2017/en-direct/

Les gazelles Zanelo !

Annabelle et Elodie (Zanelo, comme elles se sont surnommées), sont dans le peloton sur le parcours C qu'elles ont choisi, avec le numéro d'équipage 132. Elles occupent pour le moment la 73ème place au général sur 137 équipages de leur catégorie. Pas mal pour une première participation ! Et je suis certain qu'elle feront mieux à l'arrivée. Ce sont des battantes, qui s'entendent parfaitement, prennent cette aventure comme un jeu, un plaisir.

Allez les filles ! La Touraine du Sud est avec vous.

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25 février 2017 6 25 /02 /février /2017 13:50

J'ai repoussé à plusieurs reprises la rédaction d'un nouvel article de blog sur le RSI, mais une discussion récente avec un ami m'en donne l'occasion. Je me suis déjà exprimé sur les dysfonctionnements de cet organisme, qui s'estompent peu à peu. N'y revenons pas. Non, c'est du niveau de charge dont je souhaiterais parler, et notamment faire une comparaison précise avec celui d'un salarié.

 

Prenons un chef d'entreprise artisanale (ou un commerçant, car aujourd'hui les taux sont strictement les mêmes) qui cotise au RSI en tant que TNS (travailleur non salarié). Il prélève un revenu net mensuel de 2000 €. Faisons le calcul de ses charges :

 

Pour obtenir un revenu net de 2000 € il devra en verser 924,64 € au RSI, soit un peu plus de 46%.

 

Regardons maintenant combien il devrait payer si on lui appliquait les mêmes cotisations qu'à celles d'un salarié. Ou plus précisément calculons ce qu'un chef d'entreprise qui se salarie lui-même paye (ce qui est le cas d'un dirigeant de SASU, de SA ou un gérant minoritaire de SARL). J'avais déjà fait ce calcul dans le cas d'un choix entre SASU et EURL, avec dividendes, mais cette fois-ci je ne m'intéresse qu'à la partie cotisations sociales.

 

Voici les taux applicables sur le revenu qu'on appelle brut, c'est-à-dire sur le revenu net augmenté de la part salariale des cotisations :

 

 

J'ai pris ici un taux d'accident du travail moyen de 4%. Dans mon domaine d'activité (maintenance industrielle) il est de 4,5% et il peut être bien plus élevé, dans le BTP par exemple. Vous remarquerez qu'il n'y a pas ici de cotisations chômage, car un chef d'entreprise n'y a pas accès, qu'il soit salarié ou TNS. J'oublie le versement transport, les diverses petites contributions (contribution au dialogue social, cotisation pénibilité, APEC, apprentissage,...) pour éviter d'alourdir.

 

Pour faire une comparaison exacte avec ce que paye un artisan au RSI il faut maintenant calculer les taux sur le revenu net. On y arrive simplement par la formule

Taux sur le Net = Taux sur le Brut / (1 – 0,1981)

Si, si, je vous assure, faites-moi confiance. Bon, donc cela donne pour notre chef d'entreprise salarié :

 

 

Pour obtenir le même revenu net de 2000 € qu'en TNS ce chef d'entreprise salarié devra donc verser 1439 € à l'URSSAF soit un taux de 72%. Ce taux global peut atteindre 80% si on y additionne les contributions que j'ai négligées et si le revenu dépasse le plafond de la sécurité sociale (3269 € brut). On voit qu'on est quand même largement supérieur aux 46% versé au RSI par un TNS ayant le même revenu net.

 

Attention, s'il y a des différences dans les cotisations il y en a aussi dans les droits et les rentes. Indemnités journalières plus faibles, période de carence plus longue, retraite plus faible, formation professionnelle réduite, un TNS devra compenser par des assurances ou des placements pour compléter sa protection sociale. Mais il pourra le faire librement, indépendamment des contraintes du RSI. C'est ce qui fait toute la différence.

 

Aujourd'hui, quand j'entend l'un des candidats à la Présidence de la République (Emmanuel Macron pour ne pas le nommer) proposer de supprimer le RSI et d'accorder des droits au chômage aux entrepreneurs, je dis STOP ! Derrière cette proposition se cache l'idée qu'on peut se mettre à son compte sans distinction entre la notion de travailleur indépendant et celle de salarié. Par exemple pour conduire les véhicules UBER... Non, l'entrepreneuriat ce n'est pas ça. Et puis qui peut croire que la suppression du RSI et l'augmentation de droits conduiraient à une diminution des cotisations, franchement ?

 

Le RSI a ses défauts, certes, mais quand je discute avec des collègues des professions libérales (qui continuent à se coltiner 3 caisses pour leur régime) je les entend se plaindre encore plus que nous, sur les incohérences et les dysfonctionnements de la CIPAV... Les charges sont élevées, certes aussi. Elles le sont toujours trop, c'est un débat continuel depuis la création de la sécurité sociale en 1945. Peut-être faudrait-il faire en sorte que le travail soit moins ponctionné et que l'on cherche d'autres sources de taxation ? Tiens je vais poser la question sur la page créée par le Parisien-Eco et relayée par la Chambre des Métiers: Opération "Moi Entrepreneur" / Election Présidentielle

 

J'invite tous mes amis artisans, commerçants et professions libérales à faire de même.

Bon week-end à tous !

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 14:57

Le débat politique est intense en ce moment et le populisme n'a jamais été aussi élevé. Pas seulement en France bien sûr, puisqu'on peut observer que les Anglais ou les Américains préfèrent confier leur destinée à des gouvernements qui mettent en avant le protectionnisme comme recette miracle à tous leurs soucis.

Si tout était si simple... Gare aux désillusions ! J'espère qu'en France la démocratie républicaine l'emportera face au simplisme, face aux discours démagos, face à la facilité.

Une petite vidéo très symbolique m'est sautée aux yeux l'autre jour. Elle résume la façon dont je perçois le monde moderne d'aujourd'hui face à ce qu'il était dans les années 50, pourtant déjà très modernisées. Il s'agit d'un changement de pneus sur une Formule 1. A vous de juger :

1950 : 8 personnes pour changer deux pneus, ravitailler le véhicule et le conducteur. Tout ça en 1 minute 20. Si les 4 pneus avaient dû être changés il aurait fallu au minimum 10 personnes. Et je ne parle pas des personnes autour qui ne font pas grand chose.

 

2013 : 20 personnes changent quatre pneus, ravitaillent le véhicule et le conducteur en... 4 secondes !

 

Vous voyez où je veux en venir ? En faisant une simple règle de 3 on voit qu'avec le progrès technologique la productivité a été multipliée par 10. Au cours d'une journée il faut 10 fois moins de personnes en 2016 qu'il en fallait en 1950 pour abattre le même boulot. Sans même parler de robotisation, parce que dans de nombreux cas ce n'est plus par 10 que vous pouvez multiplier mais par 50 !

Grâce à son ingéniosité l'homme réussit à détruire les emplois qui le font vivre. C'est balaise non ?

Pour arriver à retrouver un certain équilibre, il faut donc totalement repenser notre façon de considérer le travail. Ne plus raisonner emploi mais activité. Que quelqu'un qui souhaite s'épanouir en faisant du théâtre puisse en vivre aussi bien que celui qui a choisi de travailler dans un bureau d'étude. Une forme de revenu universel, oui. Mais pas celui consistant à augmenter le RSA pour les plus démunis ou à l'élargir aux moins de 25 ans. Non, un revenu de base qui permette à chacun de se lancer dans une activité d'indépendant, d'artisan, de commerçant, d'agriculteur sans la hantise de voir les banques lui arracher sa maison du jour au lendemain.

Je n'ai pas la solution du financement de ce genre de truc dont les économistes parlent depuis des dizaines d'années. Il faut sans doute l'expérimenter, comme le font les Finlandais en ce moment à toute petite échelle. Nous verrons bien. Mais on y viendra, j'en suis à peu près certain.

Comme je ne serai probablement plus de ce monde lorsque ça arrivera, j'emprunte à Desproges cette maxime : « Vivons heureux en attendant la mort » et vous propose deux vidéos d'animaux qui m'éclatent.

La première est celle de ces 3 dindes qui semblent avoir découvert le mouvement perpétuel (à moins que ce soit l'arrivée de Trump au pouvoir qui les ait détraquées) :

 

La seconde c'est moi quand je commence à me poser des questions existentielles (mettez le son, c'est mieux). ;-)

 

 

Bonne semaine à toutes et à tous !

 

 

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 06:59
Comment les calculs à la louche peuvent s'avérer pernicieux...

Un article de journal fait en ce moment le tour des réseaux sociaux. Il s'agit de l'édito d'un quotidien de Dijon « Le Bien Public », par son rédacteur en chef qui reprend intégralement et en les approuvant les propos d'un chef d'entreprise.

On apprend donc dans cette courte démonstration qu'un salarié pour lequel son patron dépense 150 € n'en disposera au final que de 39. Le raisonnement se termine par un brutal « CQFD » pour dire qu'il ne faut pas s'étonner qu'il y ait autant de chômage.

Hummm....

Reprenons point par point ce raisonnement :

Il y a une erreur dès le départ : un salarié avec un revenu brut de 100 € touche 78 € de salaire net, et les cotisations patronales (sans réduction ni exonération éventuelle) sont de 42 €. Il coûte donc 142 € au total à son entreprise et touche 78 € avant impôt. Les calculs à la louche c'est bien mais ça peut conduire à de gros écarts à la fin, donc autant être précis.

Comment les calculs à la louche peuvent s'avérer pernicieux...

J'ai mis la feuille de paye ci-contre pour ceux qui veulent vérifier, avec un taux horaire correspondant à quelqu'un payé 2000 € net par mois. Soulignons aussi qu'en cas de salaire inférieur à 1,6 fois le SMIC la réduction Fillon s'applique. Dans le cas d'un salarié au SMIC dans une entreprise de moins de 20 salariés la réduction est de 28% du salaire brut ; le patron ne paiera pas 42 € de cotisations patronales mais 14. A cela s'ajoute depuis 2014 le CICE : 6% du revenu brut pour les salaires inférieurs à 2,5 fois le SMIC, donc 6 € de réduction supplémentaire. Sans occulter non plus les aides diverses : Pour l'embauche d'un premier salarié une aide de 4000 € est accordée sur 2 ans. Même chose pour le contrat de génération.

Beaucoup plus gênant dans le discours, c'est que dans les 142 € se trouvent les revenus différés du salarié. Le raisonnement qui consiste à dire que la personne ne touche que 78 € est assez fallacieux car à la fin de sa vie cette personne aura touché bien plus. Décortiquons :

22 € de cotisations sociales du salarié + 42 € de cotisations patronales font 64 €. Sur ces 64 € :

Près de la moitié (27,5 €) servira à financer sa retraite, de base et complémentaire.

Un quart (17,5 €) sert à sa protection sociale (maladie, maternité, allocations familiales, invalidité, logement,...).

Le quart restant se partage entre :

11 € pour la protection chômage, la formation professionnelle et les accidents du travail (j'ai pris un gars de la métallurgie, ce que je connais le mieux)

8 € en CSG, CRDS pour combler ce fameux trou de la sécurité sociale que l'on traîne depuis... que la sécu existe.

Comment les calculs à la louche peuvent s'avérer pernicieux...

A part le dernier poste, pour lequel on peut estimer que le salarié ne verra jamais la couleur de son argent, le reste est susceptible de lui revenir sous une forme ou une autre tout au long de sa vie. Sauf s'il est célibataire sans enfant en CDI dans la même boîte toute sa carrière et qu'il meurt d'un accident avant sa retraite sans jamais avoir vu un médecin...

Donc non, ce que touche ce salarié en revenu imposable ce n'est pas 78 € mais 78 + 27,5 + 17,5 + 11 = 134 € en moyenne sur sa vie entière. L'espérance de vie d'un homme à 60 ans étant de 23 ans (pour une femme, 27 ans), au delà on estime qu'il/elle coûte plus à la collectivité que ce qu'il/elle a cotisé. Même chose pour les soins de santé ou le chômage. Certains n'en auront presque jamais besoin, d'autres y auront recours plus que ce qu'ils ont cotisé. C'est le principe d'une assurance collective.

Comment les calculs à la louche peuvent s'avérer pernicieux...

De ces montants il faut bien sûr déduire les impôts et taxes. Venons en justement à cette grossière erreur dans l'article, dont on se demande comment elle peut échapper à ceux qui en payent... On nous explique en effet de façon tout à fait anodine que ce salarié va payer 30% d'IR. Combien faut-il avoir de revenu pour ça ? Un rapide détour sur le site des impôts nous l'apprend : 136 000 € annuel [Edit du 29/08: un commentateur me fait remarquer que c'est bien plus que ça (188 000 €) car le site des impôts donne le taux d'imposition après l'abattement forfaitaire de 10%], soit un revenu net mensuel de 11 330 € [en réalité 15 660 €] ! Je ne sais pas qui est le patron de ce salarié, mais c'est vrai qu'il est généreux.

Non, soyons sérieux deux minutes. L'impôt se calcule par tranches, et les taux marginaux d'imposition (14, 30, 41 et 45%) ne s'appliquent que sur les tranches, pas sur la totalité. Un salarié célibataire avec un revenu net imposable de 24 000 € [Edit de correction : 26 500 € avant abattement de 10% soit 2 200 € net par mois] paiera 7,7 % d'impôt. A moins que ce chef d'entreprise ait confondu avec un salarié allemand, parce qu'effectivement là-bas il en paierait 29%...

Avec 78 € qu'il touche, il sera imposé sur 80,7 (oui c'est la subtilité de la CSG non déductible...) donc paiera 6 € d'impôt. Quant au smicard, c'est simple... il n'est pas imposable.

La TVA, alors là, il faut le faire quand même, de la part d'un chef d'entreprise !

Primo, le taux ne se calcule pas sur le montant dépensé mais sur le net. Donc dans l'exemple du journal ce n'est pas 20% de 49 € qu'il faut prendre mais 49/1,2 soit 41 € et non 39. Petit écart de 2 €, mais bon écart quand même...

Secundo, à moins que le gars ne vive qu'en achetant des produits de luxe (remarquez, avec un salaire de 11 000 € il peut), non, la TVA moyenne prélevée sur son pouvoir d'achat ne sera pas de 20%. Les loyers, les assurances, les achats d'occasion, les frais de scolarité n'ont pas de TVA, l'alimentation principale, les transports, les travaux de renovation sont à taux réduits. Si on s'appuie sur les statistiques de l'INSEE, en regardant l'ensemble des dépenses des Français et la TVA récoltée on arrive à peine à un taux moyen de 8%.

Sur les 72 € qui lui restent notre salarié en dépensera donc environ 6 sous forme de TVA. A la fin il lui reste 66 €. Pour le smicard : 8% de 78 €, il lui reste 72 €.

Comment les calculs à la louche peuvent s'avérer pernicieux...

Conclusion :

Selon l'article de journal l'entreprise dépense 150 € pour un salarié au revenu brut de 100 €.

Le salarié ne dispose plus que de 39 € une fois que l'Etat a pris sa part.

Ce à quoi je répond (pour le même salaire brut. Voir les détails sur le tableau récapitulatif ci-contre):

L'entreprise dépense entre 108 € dans le meilleur des cas (voire encore moins s'il s'agit d'une première embauche ou d'un contrat de génération) et 142 € dans le pire des cas.

Le salarié moyen dispose de 66 € une fois les prélèvements sociaux et fiscaux effectués. Le smicard 72 €. On voit qu'on est déjà très loin des 39 € annoncés... A ce revenu direct s'ajoute un revenu différé qu'il touchera à sa retraite, s'il est en arrêt maladie, en congé maternité/paternité, au chômage ou s'il subit des soins. Donc un total équivalent à 122 € pour 100 € de salaire brut du gars payé 1,6 fois le SMIC, et 128 € pour le smicard. Même en retirant de ces montants ce qu'ils paieront en impôts et taxes le moment venu, on est loin du massacre annoncé dans l'article.

Je sais bien que les charges sur les entreprises restent élevées. A la différence d'autres pays, comme l'Allemagne que je cite plus haut, le financement de la sécurité sociale en France repose en effet essentiellement sur les salaires et non sur l'impôt. Un choix qui peut se discuter, mais sans tomber dans le manichéisme comme le propose cet article de journal. Surtout que, selon l'INSEE, le revenu moyen disponible d'un ménage en France est l'un des plus élevé d'Europe (voir sur ce lien). Donc de temps en temps il est bon de remettre les pendules à leur place, comme les Guignols de Canal+ le faisaient dire à Johnny quand ils avaient de l'esprit. ;-)

Bon, Hervé, prochaine réunion AREA t'apportes ta bouteille de Champagne !

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 13:46
Entrepreneurs en difficulté. Mais quelle difficulté ?

Les petits patrons manifestent en ce moment leur colère. Ce n'est pas la première fois vous me direz (l'image ci-contre est un dessin de presse du caricaturiste Urbs publié il y a un an). Nos représentants des chambres des métiers, l'UPA en tête, affichent sur de pleines pages de journaux leurs revendications. La CGPME dénonce le cadenassage des petites entreprises. Les PME du bâtiment sont éprouvées par une baisse d'activité continuelle. Les employeurs râlent contre la prise en compte de la pénibilité au travail de leurs salariés. Et si on faisait un peu le tri sur toutes ces récriminations ?

Les impôts ont augmenté pour les entreprises en 2014 ?

FAUX

En 2013 le CICE a permis une réduction des dépenses salariales de 2,2% en moyenne pour l'ensemble des entreprises. Ce chiffre sera probablement plus élevé en 2014. Certes le dispositif est compliqué, peu lisible, et mériterait d'être prorogé sous une forme plus simple mais les faits sont là : il y a bien eu un coup de pouce fiscal.

Les cotisations sociales des travailleurs indépendants augmentent sans cesse ?

FAUX

En 2013 j'ai vu en tant qu'artisan le taux global de mes cotisations sociales obligatoires (hors CSG-CRDS) passer de 38,25 à 38,05 %, ceci du fait de plusieurs réductions. Ce taux a été maintenu pour 2014 et va encore diminuer en 2015 avec une baisse des cotisations d'allocations familiales. La suppression du plafond pour les cotisations maladie (décidée en 2013) compense en partie cette baisse mais uniquement pour les hauts revenus.

Je ne dis pas que les charges sont faibles, loin de là, et je sais que pour certaines activités la tendance est à la hausse (les professions libérales notamment, qui ont vu leurs cotisations retraites sérieusement augmenter du fait d'un déficit chronique de la CIPAV), mais les faits sont là : une grande majorité de travailleurs non salariés voient leurs charges sociales baisser.

Les contraintes administratives tuent les entreprises ?

FAUX

Je devrais sans doute nuancer ma réponse pour m'éviter les foudres de ceux qui s'estiment pigeonnés voire tondus par le Système (j'ai mis une majuscule comme pour le Démon ou le Diable. Le Système est une sorte de monstre, une hydre à multiples têtes : Etat, Fisc, RSI, URSSAF, CIPAV, MSA,... que de farouches chevaliers tentent de couper à l'aide de poncifs aiguisés : haro sur le racketteur, sus au voleur, au tueur d'enfants, à l'assassin ! A noter que ce sont parfois les mêmes qui hurlent contre les contraintes administratives et qui refusent que le statut simplifié de l'auto-entreprise perdure).

Donc, après cet aparté, je nuance : les contraintes administratives ne tuent pas les entreprises mais leur compliquent la vie, c'est vrai. De là à devenir phobique de l'administratif comme un certain ex-secrétaire d'état ou a fermer la porte de sa boutique parce qu'on n'a plus le temps de remplir les formulaires, il y a encore de la marge. Réclamons que la simplification avance plus vite, certes, mais évitons peut-être ces images qui sont une insulte envers ceux qui connaissent aujourd'hui le véritable désespoir.

Entrepreneurs en difficulté. Mais quelle difficulté ?

Les banques ne jouent pas leur rôle et enfoncent les petits entrepreneurs ?

VRAI

En grande partie en tout cas... À quand une mesure de coercition contre ces banques qui facturent des frais de commissions et de dépassement exorbitants à des petites entreprises dont la trésorerie est fragile ? Plutôt que de les aider à se sortir d'une conjoncture difficile ont les enfonce encore un peu plus. Ce n'est pas normal.

La Banque Publique d'Investissement devrait également être plus présente auprès des TPE. Lancée à l'automne 2012 pour aider financièrement les PME, j'ai l'impression qu'on assiste à un simple remplacement de ce qui existait avant (avec OSEO notamment) mais guère plus. Pourtant je m'aperçois que les outils existent, par exemple en cliquant sur les liens en bas de cette page, mais qu'ils ne sont pas assez mis en avant. Et puis la BPI semble ne pas être au rendez-vous concernant le financement des entreprises sociales et solidaires. Qu'attend-t-on ?

La concurrence déloyale est un véritable fléau ?

VRAI

Archi vrai, 100% vrai, surtout dans le domaine industriel et artisanal. J'en avais déjà parlé dans ce précédent article mais comment peut-on continuer à laisser des officines faire travailler des salariés low cost ? Qu'il y ait une libre circulation des travailleurs salariés au sein de l'Union Européenne, OK, mais qu'on encadre ça plus sévèrement !

Quant aux entreprises françaises qui font travailler ces salariés étrangers qu'elles sachent une chose : plus elles scieront de branches sur lesquelles sont assises les TPE, plus vite arrivera leur tour et sera leur dégringolade assurée !

Une entreprise sans client est une entreprise qui meurt !

VRAI

… (petits points de suspension pour signifier que tout est résumé dans cette lapalissade, le reste des difficultés ici soulevées n'en représentant que l'écume).

L'autre jour, dans un reportage télé, un chef d'entreprise venait nous expliquer que les charges étaient de plus en plus élevées pour faire vivre son entreprise. A ces difficultés s'ajoutait un carnet de commande qui faiblissait année après année. Son activité ? Restaurer les vitraux des églises. Je n'en reviens pas qu'un chef d'entreprise ne fasse pas le rapprochement entre recettes publiques (les impôts, les taxes, les charges, touça) et dépenses publiques (la culture, la restauration des monuments par exemple). Dois-je comprendre qu'il faut augmenter les impôts des uns pour diminuer ceux des autres ? Mais alors lesquels ?

Entrepreneurs en difficulté. Mais quelle difficulté ?

Depuis 40 ans, de crises économiques en décisions politiques hasardeuses la France s'enlise chaque année un peu plus. Notre vieux pays a bien de temps en temps des soubresauts qui lui font croire que la fougue de sa jeunesse est enfin revenue, mais sa décrépitude est inéluctable. Le seul remède serait de transformer radicalement notre société. Mais pour aller vers quel monde ? Ceux qui veulent une révolution pour qu'on donne plus de droits et de moyens au peuple ne tomberont jamais d'accord avec ceux qui manifestent pour une plus grande liberté de ce même peuple. Ils ont pourtant l'impression d'aller dans le même sens, alors qu'ils ne font que nous tirailler et nous conduire... nulle part.

Au moins en ne bougeant pas je sais où je vais ! ;-)

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 12:56
Origine France Garantie

Et si au milieu de cette ambiance morose, de ces colères exprimées sur tous les fronts, de cette tristesse générale, on parlait du Made in France pour apporter un peu de gaieté et de légèreté ?

Un nouveau logo existe depuis 2011, celui présenté à gauche de cet article, et sert à identifier les produits de toute nature (alimentaires, industriels, manufacturés,...) fabriqués en France. Un véritable label créé pour éviter les confusions de « Made in France » ou « Fabriqué en France » qui ne voulaient rien dire pour le consommateur. Les critères sont les suivants, et s'appliquent pour n'importe quel type de produit :

1- le produit prend ses caractéristiques essentielles en France

2- plus de la moitié du prix de revient unitaire de ce produit est acquis en France.

La Toyota Yaris, par exemple, fabriquée à Onnaing dans le Nord est un produit « Origine France Garantie » même si la marque est japonaise. Le grille-pain Moulinex ne l'est plus depuis longtemps mais la machine à expresso l'est toujours. Pour connaître les produits qui disposent de ce label il suffit de se rendre sur ce site :

http://www.mesachatsfrancais.fr/

Bon, je ne vais pas revenir sur ce que j'avais écrit ici même à l'époque où certains hommes politiques surfaient sur cette tendance. Au niveau de l'industrie la France a peu à peu abandonné ses compétences pour les déléguer à d'autres pays et se centrer sur le luxe, le tourisme et la haute technologie. On ne rattrape pas 40 ans de retard en se contentant d'apposer un logo sur un produit. Il faudra du temps, beaucoup de temps, mais il y a déjà des signes qui permettent de penser qu'on peut inverser la tendance et commencer à réindustrialiser notre pays :

1) Le consommateur y est prêt. Il faut simplement qu'il puisse s'y retrouver financièrement.

2) De plus en plus de petits industriels y croient. Il faut seulement les soutenir.

3) Les français arrêtent peu à peu de dénigrer leurs produits.

Ce dernier point est essentiel, ne serait-ce que pour vendre plus efficacement la marque France à l'étranger. En effet notre pays est le champion du monde de l'auto-dénigrement. Vous vous rappelez sans doute de ce sketch des Inconnus montrant un présentateur japonais parlant des produits français :

Une caricature parfaite et absolument irrésistible de ce que nous étions dans les années 80. Même le Minitel ou la fusée Ariane à l'époque étaient considérés comme nuls. Alors que dire de nos véhicules Renault...

Pour certaines fabrications il sera difficile de revenir en arrière mais pour d'autres, comme ces produits électroniques par exemple, c'est tout à fait possible : L'Usine des PME-ETI / 12 novembre 2013.

Alors allons-y, arrêtons les discours et soutenons les !

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:39

L'avantage de la prestation de service industrielle c'est qu'elle vous fait découvrir tout le patrimoine de nos campagnes françaises. En l'espace de quelques jours j'ai eu l'occasion d'associer les nécessités du boulot aux plaisirs du tourisme et de la gastronomie. Les explications en image.

La belle France industrielle.

Un équilibrage de ventilateur dans une champignonnière.

La France est le 4ème producteur mondial de champignons de... Paris. Devant elle se trouvent la Chine, largement en tête, puis les États-Unis et les Pays Bas. La dénomination champignon de Paris n'est pas une appellation contrôlée mais désigne simplement ce champignon blanc ou brun que l'on cultive sur du compost à l'abri de la lumière. Les premières caves étaient bien parisiennes du temps de Napoléon mais rapidement elles se sont implantées autour de Saumur, qui reste la région française de loin la plus productrice. Les caves sont de plus en plus remplacées par des salles réfrigérées, qui restituent les conditions ambiantes pour cultiver les champignons tout en essayant de lui conserver sa saveur. C'est dans l'une de ces usines modernes, à Saint-Paterne-Racan que je suis récemment intervenu pour équilibrer un ventilateur. À la suite de cette intervention je suis reparti avec deux bons kilos de champignons offerts par le patron. Merci à lui !

La belle France industrielle.

Contrôles vibratoires en bord de mer.

Après avoir dégusté les champignons, direction la mer, plus précisément l'île d'Oléron, qui vient de s'équiper de nouveaux transformateurs pour l'alimentation électrique du sud de l'île. D'énormes disjoncteurs sont installés sur ce poste et envoient des vibrations dans le bâtiment où ils se trouvent lorsqu'ils sont actionnés. Rien d'anormal là dedans, mais un contrôle s'imposait au moment de cette mise en service. C'est ce que Mecadyn a été amené à faire en ce mois de Septembre, pas loin d'une plage que les touristes avaient commencé à déserter mais où il faisait encore bon se baigner. Qui se plaindrait de telles conditions de travail ? Pas moi en tout cas. ;-)

La belle France industrielle.

Une broche de machine outil à équilibrer près de Reims.

Une fois sorti de l'eau salée c'est un autre liquide qui m'appelait, celui-ci mis en bouteille, le Champagne ! À Montmirail précisément, dans une usine qui fabrique des composants électroniques de toute sorte il s'agissait cette fois d'équilibrer une broche d'usinage tournant à 15 000 tr/min. Après l'intervention quel plaisir que de se balader dans la Marne et d'y découvrir ce qui est sans doute le symbole le plus connu de la France, après la tour Eiffel. Il faut dire que, à la différence du champignon de Paris, le Champagne est protégé par une appellation d'origine contrôlée, un label officiel farouchement défendu par ses promoteurs. Il se vend aujourd'hui environ 330 000 bouteilles de Champagne tous les ans, ce qui fait vivre 15 000 vignerons et plus de 20 000 employés. Sans parler bien sûr de l'industrie, du commerce, de la logistique et de la sous-traitance qui gravitent autour.

Vive la France et ses multiples richesses !

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 16:53
L'éloge du carburateur

Ça faisait un moment que je voulais en parler mais je ne trouvais pas l'angle d'attaque. Grâce à une amie Facebook qui a partagé cet article sur sa page, tout s'est éclairé (Merci à Sylvie) : L'invasion des « métiers à la con » une fatalité économique ?

Plus j'ai avancé en carrière plus j'ai rencontré ces boulots à la con, qui ne servent à rien ou presque. J'en ai même réalisé, c'est pour dire comme je suis bien placé pour en parler ! Plus la taille de l'entreprise est grande, plus il y a de cadres et plus vous trouverez des gens occupés à des postes totalement improductifs et qui pourraient disparaître sans que ça nuise aucunement au résultat de l'entreprise. Mais, chut ! Il faut pas trop le dire. Ce sont quand même des boulots à préserver, il en va de l'avenir de centaines de milliers de cadres et de celui de leurs enfants.

Bon, j'exagère, ces postes ne sont pas totalement inutiles. Disons que 25% du temps passé sert vraiment à faire fonctionner la boîte, à mettre un peu d'huile dans les rouages. Comme l'expliquent les défenseurs du système : en 50 ans la gestion des entreprises (financière, comptable, logistique, ressources humaines,...) et les méthodes de production se sont énormément compliquées. Il faut des cerveaux et des compétences pour organiser tout ça. Certes. Mais que font ils des 75% du temps qui reste ? Des réunions, des séminaires, des rapports, des rédactions de procédure, du contrôle, etc. Tout un tas de trucs inutiles mais qui remplissent l'espace et le temps.

L'éloge du carburateur

Les anglophones appellent ça « Bullshit jobs » et l'illustrent à l'aide de cartes de Bingo.

Quand j'étais jeune cadre, avec certains collègues on utilisait un peu ce système lorsqu'on s'ennuyait dans certaines réunions de management. Il ne s'agissait pas de cartes Bingo, mais le principe était le même : une liste de mots et d'expressions prononcées au cours de ces réunions et que l'on cochait sur nos petites feuilles. Le but étant d'en avoir le maximum en un temps réduit : relation gagnant-gagnant, force de proposition, stratégie, cœur de métier, maîtrise du processus,... Aujourd'hui beaucoup d'anglicismes sont utilisés mais je suppose que c'est toujours la même chose.

Je dis « je suppose », car je suis miraculeusement sorti de ce système à la con. J'ai vraiment pris conscience vers l'âge de 35-40 ans que je ne pourrai pas tenir dans cette hypocrisie quasi-permanente jusqu'à la retraite. Je suis alors parti travailler dans des petites entreprises, ce qui m'a permis de découvrir d'autres horizons professionnels plus proches du terrain, ainsi que d'aller travailler dans d'autres pays, comme les États Unis ou Singapour. Et puis, à 45 ans j'ai créé ma boîte. Une entreprise de service industriel, dans un domaine avec lequel on ne peut pas tricher : la maintenance en mécanique. Si les contrôles sont hasardeux ou se transforment en conseils fumeux, ce n'est même pas la peine de franchir la porte d'un atelier. Les seuls moments inutiles que j'y consacre sont dédiés aujourd'hui aux réseaux professionnels et à l'entraide. Des tâches qui n'apportent strictement rien à mon entreprise mais qui – je l'espère – servent aux autres, notamment ceux qui veulent quitter leur job à la con.

L'éloge du carburateur

Ce phénomène qui consiste à quitter un emploi de cadre de grande entreprise pour se mettre à son compte dans des domaines plus terre à terre s'est énormément développé ses dernières années. Des cols blancs enfilent le bleu du mécano pour redonner du sens à leur vie professionnelle. C'est le cas de Fred et Hugo qui ont créé un atelier de réparation de vieilles motos à Paris. Un parcours inspiré de celui de Matthew B. Crawford, un américain qui avait quité un poste de directeur à Washington pour réparer des motos en Virginie. Il a même écrit en 2010 un bouquin intitulé Eloge du carburateur – Essai sur le sens et la valeur du travail, dans lequel il explique que le travail manuel peut s'avérer bien plus gratifiant que les emplois prestigieux dans le tertiaire. Une évidence. Redonnons de la valeur aux métiers qui ont un sens comme la fabrication ou la réparation ! Bon sang !

Sur ces bonnes paroles : bonne semaine à tous, et bonne rentrée à tous ceux qui redémarrent une nouvelle année scolaire !

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