Dimanche 29 mars 2009


Depuis l'article de Septembre dernier, je m'étais promis de ne pas évoquer le sujet pour éviter de tomber dans la sinistrose ambiante mais voilà, j'ai eu envie d'écrire aujourd'hui un petit texte sur la Criiiiiise.

La courbe que je vous montre en préambule est celle du Dow Jones, l'indice représentatif des marchés financiers les plus importants. On peut en dire ce que l'on veut, regretter que cela soit ainsi, mais cette courbe dessine l'évolution de notre état de santé économique mondiale. Celle du CAC40, qui montre la situation boursière des principales entreprises françaises, n'en est que la copie conforme heure pour heure, jour après jour depuis 20 ans. Inutile de pérorer sur une exception française, sur une capacité spécifique qu'aurait notre pays à mieux s'en sortir que les autres, nous ne redémarrerons que lorsque les américains reprendrons du souffle. Et au vu du Dow Jones le point d'inflexion semble pointer le bout de son nez.

Évidemment, on n'est pas à la merci de nouvelles catastrophes, mais je fais quand même le pari d'une remontée de l'activité industrielle dans les tous prochains mois. Oh, pas une embellie, non bien sûr, mais une progressive et lente amélioration tout au long de l'année. La sortie de crise ne sera pas effective avant 2010, on est bien d'accord, mais des effets positifs seront ressentis avant.

Je ne peux en effet pas imaginer que les gros secteurs d'emploi comme les Travaux Publics et l'industrie plongent encore dans le marasme pendant encore 6 mois. Il est difficilement concevable que les chômages techniques et plans sociaux suivent le même rythme toute l'année. En premier lieu parce que les besoins sont là, même s'ils ont été freinés, et ensuite parce que le 'moral' va prendre le dessus sur le pessimisme mondial ambiant.

Une fois épurées les fameuses créances toxiques à coup de centaines de milliards de dollars partout dans le monde, tout doucement la pente des actifs boursiers va remonter, accompagnant la reprise de l'activité. Il nous faudra plus de 5 ans pour atteindre les niveaux exceptionnellement (trop ?) élevés de 2007, mais ça n'empêchera pas l'économie de se développer entre temps. Ce sérieux coup de semonce, si on sait en tirer les leçons, aura pour effet bénéfique de changer notre mode d'évolution. Moins de course au profit à court terme, une recherche d'équilibre Nord-Sud plus marquée, un meilleur compromis entre le développement industriel et l'usage de nos ressources, un suivi plus sérieux des marchés financiers et organismes bancaires (la fameuse maintenance conditionnelle !).

Enfin bref, je suis optimiste, à la fois sur le moyen terme pour cette année 2009, et sur le plus long terme avec une façon très différente de penser l'économie dans les années à venir. En 1993, lors d'une crise qui nous a également profondément touchés (du moins en Europe), quelqu'un m'avait dit qu'il s'agissait d'un coup d'arrêt inéluctable à notre course productiviste effrénée depuis le début de l'ère industrielle vers 1800. Nous n'en avons en fait tiré aucune leçon, persuadés que la richesse ne peut que croître au même rythme indéfiniment. Je forme l'espoir (j'me fais peur quand je parle comme ça...), je forme l'espoir, disais-je, que la recherche d'un plus grand confort s'accompagnera maintenant d'une vraie réflexion sur le développement de nos sociétés.

Amen. 
Par François
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