Comment diagnostiquer un éventuel défaut mécanique grâce aux mesures de vibrations ? Voilà toute la question lorsqu'on se trouve face à une satanée machine.
Je dis satanée machine parce que certaines sont démoniaques: elles tournent lentement, sont à mouvement alternatif ou bougent très peu. Je passe celles pour lesquelles le contrôle est
relativement aisé. Par exemple une pompe entraînée en direct par un moteur à 1500 tr/min ne va pas poser beaucoup de problèmes (encore que...): une mesure vibratoire globale (vitesse efficace)
sur les paliers et une simple analyse spectrale vont nous renseigner facilement. Pour la vibration globale, celle que l'on ressent à la main, il suffit de se référer à la norme ISO 10816-3 qui
nous donne les
limites acceptables en fonction de la taille de la machine. Et pour les bruits de
roulements on utilisera une méthode d'ondes de chocs, du type SPM, une
technique brevetée efficace pour connaître
l'état d'un roulement. En gros ce principe améliore sensiblement ce que l'on peut percevoir en collant un tournevis entre son oreille et le roulement en question. Les deux critères conjugués
(vibration globale + ondes de chocs) nous renseignent vite sur l'état général de la machine.
Mais dès qu'il s'agit de réducteurs, de presses, de concasseurs ou de machines tournant à basse vitesse vous devrez utiliser des méthodes plus sophistiquées. Il faut analyser les signaux
temporels, faire des détections d'enveloppe, des mesures à haute fréquence ou encore des analyses cepstrales. Tout un tas de mesures heureusement facilitées par les moyens techniques actuels
(il y a 30 ans il fallait se balader avec une batterie complète d'analyseurs et d'enregistreurs).
Quelle que soit la méthode employée, il faut de toute façon un minimum de retour sur expériences, c'est à dire de pouvoir constater la pertinence (ou pas) d'une analyse vibratoire sur de
nombreuses machines différentes. Après, quand vous aurez contrôlé 100 réducteurs, le 101ème vous sera familier. Aucune simulation théorique ni ouvrage scientifique spécialisé ne peut remplacer
ce travail de terrain. Pas de mystère, c'est comme pour savoir goûter le vin, il faut déjà avoir ouvert pas mal de bouteilles...