Mardi 12 mai 2009


À la demande générale, voici la suite du feuilleton "Alice et ses amis". Pour ceux qui ont raté les premiers épisodes, le premier est là (Décembre 2008) et le deuxième ici (Mars 2009).

Or donc, le médiateur de notre infortunée Alice nous avait spécifié qu'il transmettait notre requête au Service Qualité Consommateurs et que si je ne recevais pas de réponse satisfaisante dans les 30 jours, je pourrais faire appel à lui. Le délai est largement passé et je n'ai évidemment pas eu de réponse. Toute trace de ce qu'était le service fax a été totalement effacé du site d'Alice, comme s'il n'avait jamais existé !

Des soutiens me sont parvenus de la part de pigeons comme moi, qui ont eu confiance dans un service dont rien ne pouvait prévoir la suppression brutale. Imaginez la mauvaise surprise au bout de 2 ans, lorsqu'il faut modifier tous les documents professionnels (cartes de visite, plaquettes commerciales, devis, factures, courriers,...) et informer tous les contacts d'un changement de numéro de fax. Le comportement de ce FAI est évidemment inadmissible. Au passage je remercie arobase.org pour avoir donné un peu d'écho à cette histoire sur son site sans que je lui ai demandé. J'en profite pour leur faire un peu de pub ici:


Pour ma part je suis revenu au bon vieux fax, vous savez celui grâce auquel:
- vous avez un document word (appelons-le "Doc") sur votre ordinateur,
- vous imprimez Doc,
- vous scannez Doc sur votre fax, qui vous imprime un message d'erreur si vous vous êtes trompé en tapant tous les chiffres ou un message "Ouais, c'est bon ! Tu vois quand tu veux..."
- votre correspondant reçoit une copie de Doc sur son fax à lui et le classe bien proprement dans ses dossiers suspendus,
- y en a même qui vous le renvoient en écrivant à la main dessus "Bon pour accord"

Au total vous pouvez vous retrouver avec 6 feuilles A4 imprimées alors que si l'un des deux interlocuteurs possède un ordinateur le nombre est divisé par deux en envoyant le fax par e-mail... Mais bon, ça marche depuis plus de 100 ans (hé oui !) et tant qu'aucun gougnafier ne décide de supprimer le service ça peut encore marcher longtemps. Continuons donc allègrement comme ça pour le plus grand plaisir des vendeurs de papier et de cartouches d'imprimante ! Je m'énerve pas Germaine, j'explique.

Pour en revenir à la question de départ, peu importe que le service fax proposée par Alice se fasse à dos d'âne ou en utilisant une armée de moines copistes, il a été supprimé sans que les clients en soient informés, sans explication et sans solution de rechange. Même le "Super Mail" qui propose plein de trucs pour 3€ de plus par mois ne donne plus droit au fax par e-mail (tiens, je me demande quelle tête ils font ceux qui ont payé ce Super service supplémentaire...). La hache de guerre est donc déterrée, sus aux ennemis du progrès et aux pourfendeurs des bonnes pratiques commerciales. Taïaut, taïaut !

Fin de l'épisode.

La fin de ce feuilleton passionnant se trouve ici: Alleluia !
Par François
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Lundi 27 avril 2009


27/04/09: Frjeiens et autres amateurs d'énigmes, un p'tit jeu pour vous détendre pendant cette période de crise. Cliquez sur l'image pour l'agrandir et dites-moi ce qui se cache sur la dernière image de ce dessin de Pichon.

Réponse à adresser à fr.rec.jeux.enigmes où tous les dinosaures d'Usenet ne sont pas encore mort !

1/05/09: Voici donc la réponse tant attendue, trouvée sur frje.

    Bon premier Mai à tous !
Par François
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Lundi 20 avril 2009

Il y a quelques années de ça un monteur mécanicien, qui avait pas mal bourlingué sur des chantiers de toute nature, me racontait qu'il utilisait parfois une pièce de monnaie posée sur la tranche pour vérifier les faibles niveaux de vibrations de machines tournantes (turbines, pompes, moteurs,...). Ça me faisait sourire parce que je ne voyais pas beaucoup de paliers de machines pouvant passer avec succès ce genre de test. Essayez donc déjà de faire tenir une pièce de 1 € sur une table qui ne bouge pas... Les pièces de monnaie d'après guerre étaient peut-être beaucoup plus épaisses ? Je ne sais pas.

Le principe m'est revenu à l'esprit récemment chez un client qui venait de changer les paliers de sa machine. Quand on n'a pas d'appareil de mesure, la main est le premier indicateur pour savoir si ça vibre un peu ou beaucoup. En général ça s'arrête là et on est pas beaucoup plus avancé. Avec un petit objet métallique posé sur la machine la précision s'améliore. J'avais ce jour là des morceaux de ferraille qui me servent pour l'équilibrage de ventilateurs. L'un d'entre eux, d'une épaisseur d'un centimètre environ, s'est révélé parfait pour ce petit test. Posé sur la tranche il ne tombait que lorsque la vibration globale dépassait 3 mm/s environ comme j'ai pu le vérifier par la suite. Évidemment ce n'est qu'un ordre de grandeur, et il faut avoir une surface plane suffisamment grande pour le poser, mais maintenant je trimbale partout avec moi ce bout de métal. Dûment étalonné il me permet d'avoir un ordre de grandeur des vibrations sans avoir à faire de mesures sophistiquées.

Maurice. C'est Maurice qu'il s'appelait le gars qui m'évoquait cette histoire de pièce de monnaie, que d'autres m'ont d'ailleurs confirmée par la suite. Grâce au recyclage des idées précieuses, la pièce à Maurice des années 50 revit en 2009 !

P.S. Je n'ai pas essayé l'empilage de pièces proposé sur l'image. Ça doit marcher aussi, mais c'est plus long...
 
Par François
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Dimanche 29 mars 2009


Depuis l'article de Septembre dernier, je m'étais promis de ne pas évoquer le sujet pour éviter de tomber dans la sinistrose ambiante mais voilà, j'ai eu envie d'écrire aujourd'hui un petit texte sur la Criiiiiise.

La courbe que je vous montre en préambule est celle du Dow Jones, l'indice représentatif des marchés financiers les plus importants. On peut en dire ce que l'on veut, regretter que cela soit ainsi, mais cette courbe dessine l'évolution de notre état de santé économique mondiale. Celle du CAC40, qui montre la situation boursière des principales entreprises françaises, n'en est que la copie conforme heure pour heure, jour après jour depuis 20 ans. Inutile de pérorer sur une exception française, sur une capacité spécifique qu'aurait notre pays à mieux s'en sortir que les autres, nous ne redémarrerons que lorsque les américains reprendrons du souffle. Et au vu du Dow Jones le point d'inflexion semble pointer le bout de son nez.

Évidemment, on n'est pas à la merci de nouvelles catastrophes, mais je fais quand même le pari d'une remontée de l'activité industrielle dans les tous prochains mois. Oh, pas une embellie, non bien sûr, mais une progressive et lente amélioration tout au long de l'année. La sortie de crise ne sera pas effective avant 2010, on est bien d'accord, mais des effets positifs seront ressentis avant.

Je ne peux en effet pas imaginer que les gros secteurs d'emploi comme les Travaux Publics et l'industrie plongent encore dans le marasme pendant encore 6 mois. Il est difficilement concevable que les chômages techniques et plans sociaux suivent le même rythme toute l'année. En premier lieu parce que les besoins sont là, même s'ils ont été freinés, et ensuite parce que le 'moral' va prendre le dessus sur le pessimisme mondial ambiant.

Une fois épurées les fameuses créances toxiques à coup de centaines de milliards de dollars partout dans le monde, tout doucement la pente des actifs boursiers va remonter, accompagnant la reprise de l'activité. Il nous faudra plus de 5 ans pour atteindre les niveaux exceptionnellement (trop ?) élevés de 2007, mais ça n'empêchera pas l'économie de se développer entre temps. Ce sérieux coup de semonce, si on sait en tirer les leçons, aura pour effet bénéfique de changer notre mode d'évolution. Moins de course au profit à court terme, une recherche d'équilibre Nord-Sud plus marquée, un meilleur compromis entre le développement industriel et l'usage de nos ressources, un suivi plus sérieux des marchés financiers et organismes bancaires (la fameuse maintenance conditionnelle !).

Enfin bref, je suis optimiste, à la fois sur le moyen terme pour cette année 2009, et sur le plus long terme avec une façon très différente de penser l'économie dans les années à venir. En 1993, lors d'une crise qui nous a également profondément touchés (du moins en Europe), quelqu'un m'avait dit qu'il s'agissait d'un coup d'arrêt inéluctable à notre course productiviste effrénée depuis le début de l'ère industrielle vers 1800. Nous n'en avons en fait tiré aucune leçon, persuadés que la richesse ne peut que croître au même rythme indéfiniment. Je forme l'espoir (j'me fais peur quand je parle comme ça...), je forme l'espoir, disais-je, que la recherche d'un plus grand confort s'accompagnera maintenant d'une vraie réflexion sur le développement de nos sociétés.

Amen. 
Par François
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Samedi 7 mars 2009



Vous vous rappelez de mes déboires avec cette chère Alice, non ? C'est là.

Comme promis voici un résumé de la situation et les suites de l'histoire :

- le numéro de fax que j'avais pris chez Alice en Juin 2007 ne fonctionne plus depuis la mi-décembre 2008 (il y a bien encore eu quelques soubresauts en Janvier mais, en fait, il s'agissait d'un râle d'agonie...),
- les charmantes hôtesses du service client m'ont affirmé, les unes après les autres que le système n'était plus en service. La dernière, je lui ai bien fait répéter les mots suivants : "Monsieur, je vous confirme que le service fax par e-mail n'existe plus"
- contactée par e-mail Alice - enfin, ses sbires -  ne m'ont apporté aucune réponse commerciale. Ah, si, voila ce que j'ai reçu après avoir fait une dernière tentative sur la hot line:


"Cher(e) Madame, Monsieur "

"Vous avez récemment fait appel à notre Service Clients et nous vous en remercions."

 "Nous espérons avoir répondu à votre demande avec rapidité et pertinence. [...]"

S'ensuit une demande pour remplir un questionnaire de satisfaction dont je vous fait grâce. 


Alors en fait, quand vous recevez un courrier comme ça et que vous êtes déjà pas très content limite colère, il n'y a qu'une chose que vous ayez envie de faire c'est d'étrangler le gars et toute sa fine équipe qui vous narguent ainsi. Mais bon: ils sont peut-être nombreux, on sait pas où ils habitent, c'est pas pratique, y a pas de ligne TGV, bref, on ravale sa hargne et on procède autrement.

Comme nous n'avions aucune envie de nous laisser faire, ma tendre-efficace chérie-collaboratrice (vous mettez les qualificatifs dans l'ordre que vous voulez) et moi-même avons envoyé un courrier à la DGCCRF avec copie au Médiateur d'Alice. Un des points importants que nous avions souligné était le fait que depuis 3 mois le service fax par e-mail ne fonctionnait plus alors qu'Alice en faisait le promotion sur son site. Or, figurez-vous, que ce matin même je viens de découvrir qu'on ne pouvait plus accéder à aucune page du service fax sur aliceadsl.fr. Tout a été supprimé ! Plus aucune référence. Donc adieu les poursuites pour publicité mensongère (entre les mains de l'UDCCRF à Paris).

Par contre j'ai gardé des copies d'écran datant de moins d'un mois vantant encore le service. Le Médiateur d'Alice ne nous a toujours pas apporté de réponse (il a transmis notre courrier au service Qualité Consommateur). Je vais encore attendre 3 ou 4 semaines puis nous porterons plainte auprès du Tribunal de Commerce pour le préjudice subi (cartes de visite, documents commerciaux, difficultés posés à nos clients, perte de temps,...).

Pourquoi tout ça ? Et bien parce que lorsqu'on commence à subir comme des pigeons ce genre de comportement anti-commercial, c'est qu'on est prêt à avaler n'importe quoi. Les services fax par e-mail sont proposés par d'autres FAI ou sociétés (monfax.com par exemple), ce n'est donc pas un empêchement d'ordre technique mais une volonté délibérée qui a conduit les sous-fifres d'Alice à supprimer le service sans rien proposer d'autre. Je demande à tous ceux qui me lisent et qui ont rencontré les mêmes désagréments de m'envoyer un mail à mecadyn [at] aliceadsl.fr Nous transmettrons l'ensemble des éléments au médiateur et demanderons des explications.

Ah ! Si Alice savait ce que ses gens trament en son nom !

Note du 12/05/09: La suite du feuilleton est là.

 
Par François
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Dimanche 1 mars 2009



www.clossetcadeaux.com

 

On en avait parlé ici à l'occasion de la loi de modernisation de l'économie. Les délais de paiement entre entreprises allaient passer à 45 jours fin de mois au 1er Janvier 2009. Avais-je raison d'être sceptique ? Jugez par vous même:


Les branches professionnelles ont finalement eu jusqu’à aujourd'hui 1er Mars pour signer des accords qui permettent de déroger aux délais de paiement “imposés” par la loi. Elles ne s'en sont évidemment pas privé. Voici la liste des secteurs industriels qui pourraient être concernés:

  • horlogerie-bijouterie,

  • jouet,

  • bricolage,

  • papeterie,

  • livre,

  • bâtiment-travaux publics,

  • sanitaire-chauffage,

  • matériel électrique,

  • pneumatique,

  • conserve alimentaire,

  • textile,

  • optique,

  • quincaillerie

  • jardin,

  • nautisme,

  • articles de sport,


Certains accords ont déjà été validés par le Conseil de la concurrence, d'autres vont l'être prochainement. Pour certains secteurs c'est le flou absolu: celui de l'automobile demeurerait soumis à un délai spécifique négocié en 2008 (90 jours). Si quelqu'un a des informations précises je suis preneur.


J’ai déjà reçu deux courriers en ce sens de clients qui m’expliquent pourquoi ils vont me payer à 60 jours fin de mois le 10 en vertu d'un de ces accords. Donc, si je facture le 10 du mois, je ne serai payé que 90 jours plus tard au lieu des 60 jours nets promis dans la loi. On est loin du compte... Surtout que le Sénat vient de repousser à 2013 la fin du régime dérogatoire.
 

Bon, il est possible que d’ici 10 ans on arrive au résultat espéré mais il n'était peut-être pas nécessaire de passer par des effets d'annonce, de proclamer que le gouvernement va régler le problème alors qu'il ne le peut pas vraiment, en tout cas pas de manière aussi radicale.


Le comble c’est qu’avant cette “loi de modernisation” je faisais tout pour obtenir un paiement à 30 jours fin de mois chez tous mes clients et qu’aujourd’hui certains me mettent sous le nez un document officiel qui coupe court à toute discussion !
 

Mais bon, en 2013, ce sera fini. Aaaah !

 

Par François
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Jeudi 12 février 2009



M6 compte faire dans une prochaine émission "Capital" un dossier sur les chômeurs qui ont décidé de se lancer en tant qu'auto-entrepreneurs. Je relaye cette information à partir de l'excellent forum de Gautier Girard sur l'entreprise et l'économie. Si vous êtes intéressé et que vous avez un témoignage à apporter, vous trouverez toutes les informations de contact ici: appel de M6 sur le forum de Gautier

Je salue d'ailleurs au passage les nombreux internautes (plus de 50) qui viennent sur ce blog en tapant les mots clés "loto entrepreneur" et tombent sur l'article qui est consacré au sujet. Comme moi ils ont compris que ce statut est un peu une loterie: celui qui y joue devra attendre un peu avant de savoir ce qu'il a gagné ! Par contre, comme dit l'autre, au Loto tous les gagnants ont tenté leur chance. Alors...
Par François
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Samedi 7 février 2009



Alors, que faut-il penser de l'annonce de N. Sarkozy sur la suppression de la taxe professionnelle ? Je vais y aller aussi de mon petit crédo sur le sujet, y a pas de raison...


Or donc, cet impôt est payé par les entreprises et tombe dans l'escarcelle des collectivités locales pour faire fonctionner notre système : équipements sportifs, scolaires, culturels, transport public, construction et entretien des routes, action sociale, assainissement,... Dedans y a sûrement de l'inutile et du gaspillage mais, quand même, réduire de 50% un tel budget ! Gasp ! Je connais plus d'un entrepreneur local (bâtiment, travaux publics, artisans, transporteurs, restaurateurs, espaces verts, fabricants de matériels divers,...) qui risque de faire la tête si on lui dit que son plus gros client va réduire ses dépenses de moitié... Tiens j'ai un copain qui vend des balayeuses aux collectivités locales de la France entière. Je vais lui demander ce qu'il en pense.


Non, que tout le monde se rassure, rien ne va changer. On continuera à bitumer les routes et à ramasser les ordures ! L'argent manquant, qui continuera à venir compléter les autres ressources des collectivités locales, sera pris ailleurs: impôts plus élevés sur les sociétés, TVA régionales, impôts fonciers et locaux augmentés,... Vous voyez une autre solution vous ?


Attention on ne parle pas de 2 Milliards d'Euros d'économie avec la suppression de la vignette automobile en 2001, mais de 26 Milliards ! C'est bien pour ça que la réforme de cette taxe, injuste car elle pénalise l'investissement industriel et commercial, est annoncée par les gouvernements successifs depuis plus de 20 ans et ne se fait que par petits bouts. C'est d'ailleurs ce qui sera fait en 2010 et les années suivantes (d'où le chiffre de 8 Milliards évoqué par notre Président). En fait le principe de cette taxe se délite lentement, pour être remplacée par d'autres systèmes d'imposition. Comment croire qu'on puisse d'un coup supprimer 26 Milliards de recette ou économiser un montant équivalent ? Sur ce dernier point on sombre d'ailleurs dans le complet paradoxe avec l'annonce de 1000 projets d'investissement pour relancer l'économie en crise et la décision de supprimer les recettes qui serviraient à les financer. D'effet d'annonce en effet d'annonce, on en revient finalement à la fameuse formule, celle qui fait ses preuves à travers tous les ministères, inusable, qui ne coûte pas cher et que je vous offre en prime de fidélité à mon blog, faites en bon usage : « Demain, je rase gratis ! »


Ne partez pas ! Je vais finir ce billet par une petite anecdote sur le sujet :


En 2006 j'ai participé à une réunion à la Chambre de Commerce avec une poignée d'autres créateurs d'entreprise. Parmi eux il y en avait un qui créait une boutique de je-sais-plus-quoi. A un moment il demande au conseiller technique qui animait la réunion: « Pour mon commerce, va falloir que je paye une patente ? », « Ah, bonne question ! » lui répondit de manière très sérieuse le conseiller « Si vous voulez payer une patente, il faudra vous installer au Cameroun, parce qu'en France elle n'existe plus depuis 1975 ! ». Tout le monde évidemment pliés de rire dans la salle, dont nombreux – comme moi – qui ne savait d'ailleurs pas que la patente n'existait plus... Bon en fait le conseiller technique (très pro d'ailleurs, je tiens à le souligner) nous a ensuite expliqué qu'il y avait bien un impôt à payer, mais qu'il avait changé de nom pour s'appeler Taxe Professionnelle en remplacement de celui de patente qui existait depuis... 1791 !


Et oui, on l'oublit un peu vite mais cet impôt versé par les entreprises a été créé au moment de la Révolution pour ne pas faire supporter le poids des dépenses locales aux seuls citoyens et habitants. A bas la patente, dehors la taxe pro et vive la TVA régionale !

Par François
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Dimanche 25 janvier 2009



Comme c'est à la mode en ce moment, je m'en vais vous faire un p'tit article sur le fameux statut de l'auto-entrepreneur.

Ah que voilà un mot savamment construit ! Bien dans l'esprit de notre époque: avec leur auto-entreprise les gens vont pouvoir s'auto-alimenter, s'auto-développer, s'auto-suffire; ne me dites pas s'auto-détruire, ce serait du mauvais esprit, m'enfin ! Non, auto comme 'je le fais moi-même' (ze self made man), auto comme automatique (c'est tout simple, yaka quiqué là).

Le nouveau statut est présenté partout comme une avancée vers le libre entrepreneuriat, la création d'entreprise à la portée de tous. En fait, si on analyse bien les possibilités, on se rend vite compte que le système est essentiellement fait pour ceux qui ont déjà un boulot, sont étudiants ou à la retraite, et qui souhaitent avoir une petite activité complémentaire (ou qui l'ont déjà mais veulent la régulariser, comme les ventes sur e-bay par exemple). Mais c'est pas vraiment fait pour ceux qui veulent vivre des revenus de leur entreprise. Le chiffre d'affaires autorisé est très limité, on ne peut déduire aucune charge, ni récupérer de TVA et les cotisations sociales réduites ne permettent pas d'envisager de bons remboursements de soins ni une grosse retraite. Sur ce dernier point - la retraite - aucune information n'est pour le moment disponible sur les droits qui seront acquis avec le système d'auto-entrepreneur. Ce sera la surprise, comme au Loto...

Les chambres des métiers râlent parce qu'elles pensent que vont se trouver sur le marché une armée pléthorique d'artisans non référencés venant concurrencer des professionnels aux activités bien réglementées. Qu'elles se rassurent ! Ce n'est jamais qu'un moyen pour l'État de récupérer des cotisations sociales qui lui échappent, et non la proclamation de la fin de l'artisanat et du commerce standards. Le président de l'APCE ne l'a d'ailleurs pas caché au moment où a été présenté le nouveau dispositif: la simplicité du système permet de donner un cadre légal et un statut social aux petits boulots qui jusqu'à présent se faisaient au noir. J'ajouterai que si on s'attend à un boum lors des 10 prochaines années dans le domaine des services à la personne, ce ne sera pas grace au statut d'auto-entrepreneur mais parce que de plus en plus de salariés, de chômeurs ou de retraités seront obligés de compléter leurs revenus par des petits boulots. Dur constat quand même !

Bon, restons sur une note positive: le système permet aussi de tester facilement une activité d'indépendant que l'on souhaite ensuite pérenniser. En cela il faut quand même reconnaître que le nouveau statut fera la part belle aux sociétés de portage, aux agences d'étude à la création et autres experts comptables officieux, qui se nourrissaient jusqu'à présent pas mal sur cette carence de l'État. Ne payer des cotisations que lorsqu'il y a des recettes et presque en temps réel, c'est quand même une petite révolution. De mon point de vue, une fois l'activité testée, il faut quand même vite choisir: soit le monde du salariat avec lequel on sait où l'on va sans trop de risques, soit l'entreprise réelle qui permet de dégager du profit et de vivre de son activité.

Alors, vive l'auto-entreprise pour se mettre à son compte facilement ! Mais pas pour devenir les auto-précaires du futur !
 
Par François
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Lundi 5 janvier 2009



Un petit topo sur l'équilibrage pour démarrer 2009 sans s'énerver.

Récemment je suis intervenu sur un pauvre vieux ventilateur qui criait à fendre l'âme. « Que vais-je devenir ? » disait-il « Mon moteur ne me tient plus, mes pales palissent et mes écrous écrouissent ! ». Nous l'avons ausculté, examiné sous toutes les coutures et diagnostiqué un sérieux balourd qui engendrait des vibrations insupportables dans toute sa carcasse. Il a suffi d'ajouter quelques grammes aux bons endroits pour remédier à ce défaut provoqué par une usure irrégulière des pales du ventilateur.

Ce n'est évidemment pas une nouveauté pour tous ceux qui fabriquent ou entretiennent des machines tournantes. Les remèdes sont bien connus même si pas toujours facile à appliquer (j'en ai déjà parlé ici: article sur l'équilibrage). En effet le balourd est une grandeur qui se définit par des forces réparties sur le mobile dans plusieurs directions. Pour le corriger il faut mettre la machine en rotation et observer les vibrations dans l'espace (en deux plans dans la pratique). C'est confus ? Un petit tour à cette adresse vous permettra d'obtenir des ordres de grandeur en situation réelle: calcul du balourd
(c'est sur le site d'un concurrent à qui je vais faire un peu de pub mais, bon, il habite à 600 km de chez moi alors...) 

On comprend, par exemple, qu'avec un ventilateur plat pesant 30 kg et d'un diamètre 500 mm, tournant à 2000 tr/min, il faudra limiter le balourd à 902 g.mm pour rester dans la norme (la qualité G=6,3 est la valeur standard pour ce type d'équipement). Cela signifie, comme il est écrit en dessous, qu'il ne faut pas dépasser 3.61 g de masse de déséquilibre sur le pourtour du ventilateur. Pas grand-chose ! Le poids d'un petit cube de métal de 8 mm de côté.

Et voilà pourquoi il suffit souvent de quelques rondelles d'acier bien réparties pour miraculeusement stopper les vibrations d'une machine usée mais encore vaillante !

Bonne année 2009 à tous !

 
Par François
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